Entre Nord et Sud : l’Equateur

Nous revoilà après bientôt presque 3 mois sans articles ! En effet l’Equateur nous a bien pris aux trippes et mentalement c’est la dernière étape du voyage socio-chorégraphique. Mais avant que vous n’ayez toutes attentes cette dernière étape fut plus socio que chorégraphique.

Alors vous nous avez laissé à Cusco… On a voulu aller un peu vers le chaud, direction la côte. Oups, ce n’était pas le meilleur des plans. Sincèrement pas très attrayant, on décide de remonter jusqu’à l’Equateur. On passe la frontière sans encombres et on prend la direction de Montañita, où des amis rencontrés à Cusco sont. Nous restons avec eux 15 jours. Cela nous fait du bien de nous retrouver entre jeunes de notre âge. On ne changera le mythe de ce coin de côte, mais nous étions bien avec ce groupe à partager des temps de discussions et rigolades. Le seul équatorien que l’on rencontre reste 2 jours et malheureusement à chaque fois trop alcoolisé. Nous faisons à nouvea des petits arrêts de quelques jours : Canoa, Mompiche, Esmeraldas. Certains nous dirons « les grands classiques ». Lors de cette montée vers le Nord, nous entendons parler de Mindo. A quelques heures de Quito.

Ancrée dans une vallée, mais tout de même à 1000 mètres et quelques d’altitude, nous débarquons à Mindo le 8 juillet. Encore une étape où nous ne savons pas ce qui nous attend. A la recherche en vain d’un camping, nous tombons sur Gloria. Nous vous passons les détails de cette nuit rocambolesque, blottis l’un contre l’autre dans notre tente installée sur la terrasse de Gloria. Heureux de voir le jour à nouveau qui donne fruit à de nombreuses rencontres, puis des amis. Après 10 mois de voyage et d’ateliers, Théo éprouvait le besoin de vivre d’autres types de rencontres via le troc. Nous voilà partis avec Javier, un colombien, pour le « compartir » (signifie partager en espagnol). Ce lieu est l’utopie mise en acte et à l’épreuve d’un terrain partagé pour semer et créer une autosuffisance aux familles qui le désirent. Magnifique lieu au bord d’un bras du fleuve Mindo. Lieu de rencontres aussi avec Hernando, un retraité colombien,  ancien acteur de télé novelas, Tano et Naïma, Nuria et Jeremias de l’Aquelarre et bien d’autres.

Aquelarre, lieu que nous élisons pour notre séjour à Mindo. Encore une fois nous arrivons à créer un échange et un partage sur 3 semaines. Mais cette fois c’est un troc. Ils nous héberge et nous travaillons avec eux à l’amélioration de leur lieu. Ils veulent en faire un hébergement alternatif et culturel. Nous avons même organisé l’innauguration du lieu avec une chasse au trésor et différentes présentations : clown, impro de danse…. La vie à Mindo est agréable, une sorte de petite petite ville qui se remplie le week-end de nombreux touristes. Néanmoins la vie au village durant la semaine est moins agitée. Alors nous décidons de rester encore 2 semaines pour aider Camilo avec la création d’un ciné itinérant dans le village. Un défi…et une réussite ! Les 2 premières projections auxquelles nous avons participées ont été un succès. Nous avons réussi à remettre la machine en route, avec notamment un tricycles appelé « la kinela ». Elle se balade dans le village avec : troc de graines, de livres et d’habits. Elle sert aussi à communiquer autour du ciné itinérant et récolter des fonds pour l’achat d’un vidéo projecteur. Nous avons vraiment senti que nous créeions du lien avec toutes ces personnes venues d’ailleurs pour s’installer à Mindo. Il y a Gabi, de Toulouse, qui tient le Studio Arte La Chispita, avec qui nous avons tissé de beaux liens d’entraide et d’amitié. Puis aussi Mathias et Jaqui, français et chilienne. qui travaillent autour du cacao et de l’artisanat. Le seul bémol de la plupart de ces rencontres c’est que les équatoriens y étaient absents. On s’est bien sentis à Mindo, mais il était temps pour nous d’aller plus à la rencontre du pays.

Nous voulons aller plus vers « l’Oriente », l’Est, L’Amazonie. En cherchant Ramiro, notre contact depuis la France, impossible de le trouver, nous rencontrons Fausto. Il nous emmène dans la communauté de son beau-frère. Nous débarquons comme des fleurs à Serena, à la naissance de l’Amazonie. La communauté kichwa s’étend sur plusieurs zones de la forêt. Nous nous arrêtons avec le bus à l’entrée d’un énorme pont qui surplombe le rio Jatun Yacun (grand fleuve). Nous marchons 20 minutes et arrivons chez Yolanda, Oswaldo et leurs enfants. Nous les aidons dans leurs différentes cultures : cacao (leur principale source de revenu), cacahuètes, piments et yuca (tubercule) et prochainement maïs. Pour tenir le coup des heures de travail ils nous apprennent à boire de la chicha de yuca (yuca fermentée). En effet ça cale ! L’après midi c’est repos, lavage de linge avec les filles au rio Iluculin, juste à quelques mètres de la maison. Les taches sont bien réparties. Le travail du champ à la « chagra », n’a pas trop de différence entre les genres. Ils utilisent tous la machete et essuient le même travail physique. C’est plus à la maison que l’on voit les différences. Il semblerait que ça soit un fonctionnement matriacale. Encore une fois comme dans la plupart de ces lieux reculés ils sont évangélistes. Les enfants vont à Tena (ville d’à côté) pour faire leurs études. Sinon dans la communauté il y a une école primaire où va le petit dernier. On apprend quelques mots de kichwa en 10 jours :

« pagracho » merci

« alipunja » bonjour

« alichichi » bon’aprem

« alituta » bonne nuit

« yacu » eau

« huarmi » femme

« jura » arbre

« sacha » forêt

Ils gardent certaines traditions comme celle de la plantation de yuca. Seule la femme plante la yuca. Lorsqu’elle quitte le champ il faut qu’elle se lave les mains avec des feuilles l’arbres de yuca. Pour servir la chicha seule la femme sert et décide de l’ordre.

 

Pas d’ateliers de danse en Equateur… Mais la fin du voyage arrivant il y a comme un sursaut en pensant au retour. Peut-être y a-t-il eu le besoin de traverser des styles différents car ce pays semble offrir ça. Il est question aussi pour nous d’aller découvrir pour aussi réfléchir à notre propre style de vie, en France ou ailleurs. Cette dernière étape, pour tous les 2 très riche pour nos réfléxions intérieures et individuelles.

Le retour en France là déjà. Mais ce n’est pas vraiment un retour c’est un autre voyage. Nous avons plusieurs pistes et des dates dans le calendrier. Il va y avoir un temps d’abord de montage son, vidéos, photos (même si une grosse partie nous a été volée), dernières réflexions sur le voyage. Puis nous reprenons des interventions comme celle de ce voyage. Nous sommes en contact surtout avec des établissements scolaires de nos villes respectives La Rochelle et Chalon Sur Saône.

Nous avons déjà 2 mois de résidences prévues en avril et en mai 2015. Dans le Juras, dans la ferme des Serrans et dans la Drôme aux Amanins à La Roche Sur Grane. A cette même période nous offrirons notre duo à une de nos donatrice pour son énorme soutien.

Entre temps nous allons : trouver des petits boulots pour renflouer les caisse, continuer de prospecter pour interventions et résidences, enregistrer nos chansons créés pendant et avant le voyage !

 

Alors on vous dit à nouveau un grand merci et si vous avez des pistes, des idées ou conseils pour nous, c’est avec grand plaisir ! Vous pouvez toujours nous suivre via notre site qui va continuer de diffuser nos actualités ! Et cette fois ci plus rapidement qu’en voyage !

On vous embrasse fort !

Le Duo Umaï

Une étape riche : Cusco, le « nombril » en Quechua

Aujourd’hui le 9 juin 2014 à 10h50 c’est l’heure d’écrire la nouvelle page. Nous sommes arrivés le 29 mai à Cusco, mais pas vraiment en règles. Nous avions décidé d’aller au Pérou par le nord du Lac Titicaca pour éviter Puno et les grandes routes touristiques. Nous n’avons pris que des petits vans jusqu’à Puerto Acosta. Nous sommes sortis en règles de Bolivie avec le bon tampon. On nous indique Tilali pour l’entrée au Pérou, un petit village à 3h de la frontière. Mais bien sûr il n’y avait pas de bus ni de particulier ce jour-là, sauf, un camion vide qui allait jusqu’à Lima. Tout content il nous déposera à Cusco. Mais une demie-heure plus tard le chauffeur crit « tout le monde descend! » Il manquait encore 2heures à pieds pour aller jusqu’à Tilali et personne pour nous emmener. Ils aiment le surprises pimentées en Bolivie ! C’est à pieds que nous passons la frontière. A Tilali même la « Gobernación » était fermée. Un homme boiteux nous emmènne chez le maire pour nous faire tamponner le passeport. Après avoir signé chacun nos passeports il déclare notre légalité complète…

 

Partance pour Cusco pour toute la journée. D’abord Juliaca, une ville de commerce moche et horrible puis Cusco. Nous découvrons la ville avec sa place, ses rues piétonnes, sa dynamique pleine de mouvements. Mais, une interrogation se pose dans nos petites têtes : « Est-ce que nous sommes vraiment en règles ? ». Car ni nos données ont été rentrées dans un ordinateur, pas de petit facicule blanc que l’on recoit à l’entrée. Direction Migration. Nous montrons nos passeports et l’homme en face de nous nous déclare clandestins ! Nous ne sommes pas rentrés par la bonne porte…. Surtout ne pas aller à la Police et aller à Puno pour refaire l’entrée. Un peu paniqués nous lui demandons de l’aide mais pas moyen, aucune envie de mettre ses mains dans cette pâte douteuse.

Heureusement le Consul de France nous dégote un numéro de la migration de Puno. Il nous précise d’avoir seulement nos photocopies dans nos poches et notre passeport au fond du sac 🙂 On pensait même donner de l’argent au cas où à la migration. Avec tout ce stress nous nous sommes imaginés toutes sortes de situations mais la rencontre avec la haut placée fut courte et sans pot de vin. Incroyable nous pouvons retourner à Cusco pour commencer le projet. Le consul même nous donne un numéro d’un artiste qu’il connait suite à l’explication de notre projet. Hugo Salazar fut le début de rencontres et de contacts.

 

Nous rencontrons Claudia de l’association Sipas-Wayna (qui veut dire en quechua filles-garcons) où nous avons donné gratuitement des ateliers les mardis et jeudis matin de 9h30 à 11h. A la base ces ateliers étaient destinés aux enfants des collèges alentours mais peu d’enfants sont venus. Nous avons ouvert l’atelier à qui veut et des jeunes filles d’université sont restées plus ou moins fidèles. Nous nous adaptons au nombre de présent différent à chaque fois, chaque atelier peut se suivre indépendamment des autres et très différent, mais toujours en toile de fond : l’humain et plus seulement le corps. Nous avons vraiment travaillé sur la personnalité, la confiance en l’autre, l’improvisation, qui n’était pas tout le temps facile car dans la liberté le vide est apparu. Mais en parlant, chacun trouvait intéressant et riche de se dépasser. En e découvrant petit à petit elles ont pu faire des choses qu’elles ne considéraient pas comme possible. Un très bel échange même si parfois il était compliqué de se lâcher et d’arrêter de se juger nous confient-elles. Compliqué aussi d’entendre leur positionnement quand on leur pose de questions. Il y a souvent le « si, si » qui revient mais les actes ne correspondent pas au « si,si ». Il y a eu un moment où nous avons parlé de nos différences culturelles : la ponctualité, le oui oui et d’autres petits détails. Première fois aussi que les ateliers que nous donnons ont autant d’impact et relation avec leur vie. L’endroit, un studio où le soleil entrait toute la matinée, a aidé aussi à se sentir à l’aise et à jouer avec soi-même. Comme d’habitude le principe des ateliers est de travailler avec les personnes et non pas à partir d’un modèle. A chacun de trouver sa force créatrice.

 

 

L’asso Sipas-Wayna nous a mis en contact avec une autre association Mantay, qui s’occupe d’héberger et de scolariser des jeunes mères mineures. En parallèle, avant de rencontrer ces jeunes mères nous sommes allés au Qorikancha, lieu culturel, exposition, spectacles, visites de ruines inca… pour proposer un spectacle. La condition pour rentrer par ces portes fut de présenter un travail avec ces jeunes mères en moins de 2 semaines. Nous avons foncé tête baissée, mais l’image que nous avions de ces jeunes mamans n’était pas celle de la réalité : impressionnés par la facon brusque de s’occuper de leur bébé durant notre première rencontre. La concentration très difficile et notre demande d’engagement pour présenter un spectacle que nous allions créer ensemble sur le thème du nomadisme et de la naissance fut compliqué à entendre. Chaque atelier les filles se rendaient compte de certaines choses : il n’y allait avoir qu’elles et nous dans le spectacle, des gens viendraient pour nous voir. C’était un autre monde pour elles. Tant habituées à donner de leur temps à leur enfant et pour ceux des autres. Certaines ne voulaient pas de leurs bébés, le plus souvent les cas de ces jeunes filles sont des viols, des abus sexuels. Accepter cela plus un bébé n’est-ce pas un peu difficile ?

La plus jeune avait 14 ans et la plus âgée 18. Nous avons répété sur leur lieux de vie, à San Jeronimo, une ville à 30-45 minutes de Cusco. Quand nous sommes allés répétés à l’auditorium du Qorikancha, certaines ont ressenti l’ampleur de l’échange. Elles avaient encore du mal à réaliser ce qu’allait être ce spectacle. Le soir même de la représentation, le retard de certaines filles à stresser le groupe. Beaucoup d’oublis de leur part, mais l’énergie était bonne. Elles étaient contentes d’être là, juste d’être là et de partager ce moment avec nous et le public.

Les directrices de l’asso étaient très émues et impressionnées par le peu de temps que nous avions eu pour la présentation.

 

Pendant les 3 jours suivants nous n’avions plus d’énergie : lit, film…

L’appartement que nous avons loué nous a permis de nous sentir chez nous, de se sentir un peu enracinés et de créer un petit cercle d’amis.

Ce fut le premier concert officiel au Cocoliso, tenu par Elise et Tomás, un couple franco-péruvien, avec qui des liens d’amitiés se sont créés. Même avec le peu de monde les chansons que nous avons composées ont été partagées avec amour et plein d’émotions.

Nous avons eu aussi 2 représentations à l‘Ukukus, bar restaurant-concert. Un dimanche soir pour chanter avec peu de monde et de répondant. Très fatiguant mais le deuxième le jour d’anniversaire d’Alice, le 6 juin, l’énergie était au rendez-vous.

Puis une dernière représentation dans un petit lieu de maté, La Esencia, tenu par Pancho et Silvia. Nous avons joué à l’heure péruvienne, soit 1h30 après l’heure prévue. C’est tout à fait normal, il n’y a pas beaucoup de rendez-vous, il faut se déplacer et voir les gens.

 

C’est maintenant de nouveau la route, direction la côte, la mer, la chaleur et les villages peuplés d’africains.

 

Nomadismo, nacimiento y arte

Le Duo Umaï a le plaisir de se présenter exceptionnellement avec les jeunes mamans mineures de MANTAY au Qorikancha, ancien couvent avec des constructions Incas.

Croisez les doigts pour nous vendredi 30 mai 2014 à 19h !

 

 

Le duo en chansons depuis Cusco !

IMG_2197[1]    Le duo Umaï s’offre une premiere expérience en chansons écrites lors du voyage. Le petit café Cocoliso de la ville de Cusco nous permet cela. Un grand merci á Tomas et Elise.

 

 

 

 

Ajanani

Ajanani est une expérience hors du commun. Ce nom appartient à un petit village perdu dans une vallée à côté de Copacabana. C’est un employé de l’hôtel, Roberto, dans lequel on dormait qui nous a proposé d’aller voir son village, autant pour le visiter que pour faire du volontariat. Il y avait à faire une piscine naturelle avec le ruisseau qui coule de la montagne et des cabanes de terres et de bois. Nous sommes partis la journée avec lui pour aller visiter la terre de ses grands-parents.

Nous descendions la vallée par un chemin de terre en taxi jusqu’à apercevoir la maisonnette. Du  chemin en terre il fallait marcher dans les hautes herbes puis traverser une petite rivière et à nouveau ces herbes. Roberto nous présente la maison et nous donne les prénoms de ses parents Asunta et Mariano pour les retrouver à l’école là où la fête de Pâques a déjà commencé. Lui pressé par une autre fête de l’autre côté de la montagne dans le village de son épouse. Nous posons la tente dans la cour puis allons à cette fameuse fête dont on avait tant parlé.

L’arrivée fut innattendue, les regards étaient surpris de nous voir. Nous nous présentons comme amis de Roberto cherchant Asunta et Mariano. Dans la cour de l’école sont assis sur des chaises les messieurs d’un côté et de l’autre par terre les dames. Il y a seulement 2 professeurs pour 10 élèves. Des flutes, une grosse caisse et un tambour se font entendre appelant les danseurs à se lever et à suivre la musique. La tradition est de boire mais d’en verser sur le sol, à la Pacha-Mama avant de boire et avant de finir son verre. Nous échangeons des mots en ayamara, la langue indigène, autour d’un verre de bière que nous faisons tourner autant que les danseuses tournent sur elles-mêmes.

Waliki – nous sommes bien

Kamisaki – comment tu t’appelles

Karur kama – à demain matin

Juspagara huara huara – merci

Mais la pluie annonce la fin de cette journée. Nous rentrons avec Asunta et Mariano, tous les 2 bien affectés par la bière. Mariano nous demandent d’en acheter 4 en passant devant la sobre épicerie du tout petit village. La soirée va être longue… Théo est invité dans la chambre du monsieur, tandis que les dames vont rentrer les cochons et les vaches entre les gouttes et les éclairs. Il pleut et les yeux de ce couple imprévisible se mettent eux aussi à couler, regrettant leur vie à La Paz. Alice est transformée, ses habits mouillés Asunta lui en a prêté d’autres.

Après tant d’émotions nous quittons la chambre pour aller nour remplir l’estomac. Mais ce n’est pas fini. Pendant que nous nous préparions à dormir, nous entendons des cris dans la cuisine; ils se chahutaient violemment. Nous toquons à la porte pour stopper le chahut, mais le Mariano ne veut pas entendre et dit d’aller nous coucher. Nous retournons dans la tente et essayons de dormir en mettant de la musique, pour ne plus faire attention à eux. Quand, un de leur fils arrive en moto. Il découvre la situation et décide d’emmener Asunta chez des voisins… Nous nous retrouvons seuls avec Mariano qui crit le nom de son épouse afin de la retrouver. Un temps passe et le silence retrouve sa place.

Mais après ce déluge c’est le froid qui vient nous chatouiller… en descendant… en descendant… en descendant… jusqu’à givrer.

Malgré cette nuit éprouvante le lendemain fut le jour comparé à la nuit. En nous levant ils nous proposent pommes de terres chaudes avec une sorte de sauce entre fromage et fromage blanc. Rien de tel pour commencer la journée. Pendant la matinée nous sommes allés traire les vaches et nous avons goûté le lait chaud. Asunta fait 2 fromages tous les jours pour les vendre à la feria les jeudis et dimanche. Nous sommes allés cherché du bois qui se fait rare d’ailleurs, car dans la vallée tout le monde cuisine au feu de bois. C’est rpincipalement des eucalyptus qui poussent là-bas.

Après cette belle journée nous sommes rentrés plein d’émotions.

Uyuni ou le silence du désert de sel

Uyuni… ce mot résonne encore dans nos coeurs et illunine la prunelle de nos yeux. La description de ce que nous avons vécu durant ces 2 jours peut sembler un peu fade à côté de tout ce que nous avons ressenti.

On dit Uyuni, mais sinon les autochtones l’appelle aussi « lipes », « tunupa », « tawa » en langue quechua ou aymara.

Nous sommes allés dans ce désert avec un couple de musiciens argentins : Charo et Gaston. Nous avions l’option Jeep touristique ou petit bus local. Vous imaginez bien ce pour quoi nous optons. Nous voilà entourés de boliviens, les femmes chargées de leur « awayos » (tissus traditionnel de toutes les coulerus, qu’elles utilisent soit pour porter leurs bébés, soit pour des bricoles). Le petit bus local s’arrête en plein milieu du désert, juste au pied d’une île de cactus gigantesques dénommée Incawasi.

Nos pieds se posent sur la blancheur éclatante et éboulissante…. du SEL ! Une étendue infinie, magique, à couper le souffle de beauté et d’irréalité ! Nous avançons et dessous le sel craquèle. Nous installons la tente, allons chercher des restes de cactus séchés pour le feu du soir.

 

Puis, nous allons à sa rencontre plus intimement. Sous la couche blanche, du rouge ou du noir : la terre, extrêmement volcanique. On s’allonge pour écouter cette nouvelle terre qui nous surprend.

 

Vient alors le moment du bleu que nous enfilons.  Les pieds nus, nous sentons le sel presque traverser notre corps. Le soleil commence à décliner. Dans un début de face à face nous initions notre duo bleu sur ce solo blanc. Un trio qui donne la couleur bleu ciel… du ciel…

 

Soudain un cri « ouaaaaaa »…. dans l’immensité du ciel un groupe d’oiseaux passe au dessus de notre tête. Ils sont blancs comme le sel.

 

Nous dansons en silence, une chute en pleine improvisation, ça fait partie des imperfections et de la création. Rien de grave. L’émotion était tellement forte de se retrouver dans ce désert, que le corps devenait soudain absent, s’effaçait. Le duo que nous avons improvisé aurait nécessité une plus longue rencontre avec le sel et le désert pour pouvoir peut-être nous ouvrir plus et laisser parler plus l’instinct ou l’histoire de chacun sur cette immense page blanche du monde.

 

Nous y retournerons…

 

Une chanson s’écrit, nommée comme l’île aux cactus

« Incawasi »

Yo nunca fui al desierto de sal

Yo nunca fui al desierto de sal

 

Pero la luna me llevo, en el desierto

El alma sin peso camina, camina

Debajo de los pies la blancura, no de la nieve pero de la sal

El ritmo, la música de los pasos van quebrando la inmensidad

El mundo se vuelve silencio frente a tan belleza.

Lo que viví en el desierto de sal

Lo que viví en el desierto de sal

No fue sueño ni locura

Es una parte de la tierra donde todo se para.

El corazón va latiendo un nuevo ritmo.

AK

 

 

Incawasi from Alice Kinh on Vimeo.

El Valle de la Concepción

Ca y est on commence à s’organiser pour repartir. De lieu en lieu nous sentons l’échange avec les différentes personnes. Un temps puis nous repartons, ce rythme est agréable il renouvelle l’énergie car on quitte une rencontre pour en créer une autre.

Cette petite contrée de Tarija, El Valle de la concepción, fut très agréable autant pour l’accueil que pour la météo et le paysage.

 

Nous avons travaillé avec deux collèges : celui de Snata Cecilia (un privé, eh oui les soeurs nous ont laissé donner des ateliers!) et l’autre Delfin Pino qui ont chacun une école primaire. Les primaires variaient entre 4 et 12 ans, les collèges entre 13 et 18 ns. En général les élèves étaient timides, la majorité ne savait pas où est la France et n’avaient probablement jamais vu de français de leur vie. Que du nouveau pour eux, n’est-ce pas ? Mais petit à petit les groupes ont dépassé leur timidité et leur honte. Nous avons eu tout de même quelques difficultés avec certains groupes, surtout les adolescents et de surcroit les filles. Les garçons sont plus curieux, volontaires. Les filles ont plus de mal à se lâcher et peut être à casser des codes qu’on leur impose. On leur demande aussi de prendre la parole en fin d’atelier, pour écouter leurs sensations, commentaires. Seuls quelques courageux osent nous dire quelques mots.

Nos ateliers continuent de se transformer et de s’adapter en fonction du groupe. Nous apprenons cette adaptation qui n’est pas toujours évidente puisqu nus expérimentons sur le tas. Pour les aider, nous utilisons des musiques qu’ils ont plus l’habitude d’écouter afin qu’ils se mettent à l’aise. Cependant il y a peu de variétés : chapaca (leur musique folklorique), cumbia et regeton. On passe aussi par des jeux de personnages afin d’appréhender plus facilement nos propositions. Une nous demande : « c’est comme ça que vous dansez chez vous ? ». On lui répond que cela peut-être encore plus étrange (dans notre domaine), il y a beaucoup d’improvisation. Cela les étonne. On essaye de repartir plus sur un fonctionnement avec un modèle qu’il faut suivre. Quelques unes nous disent à la fin d’un cours qu’elles réalisent qu’elles ont de la créativité. Un plaisir de sentir que notre proposition peut créer de nouvelles perspectives pour elles/eux.

 

Nous avons fait les vendanges aussi. On a goûté différents vins aui sont bons ! Mais qui ne s’exportent pas comme le vin chilien ou argentin. Ils boivent aussi la « chicha de uva », du raisin fermenté qui monte vite à la tête. Nous avons aussi participé à l’élaboration du pressage de raisins, sur un tamis (pas de photos, on avait les mains dedans !), fait des transferts de fût également. Le tout bien arrosé !

 

Evénement sans frontières ! Eh oui, avec l’autorisation de notre cher Jesus (le propriétaire du lieu), nous avons organisé une sortie spéciale pour les internes ce samedi 5 avril durant l’après-midi. Les Soeurs ont répondu présent. Un premier groupe à 15h divisé en deux. L’un faisait le tour du domaine (découverte du vignobles, explication de la fabrication du vin), pendant ce temps l’autre peignait avec nos amis peintres argentins. A 16h le 2ème groupe de l’internat est arrivé ; au total une soixantaine d’élèves pour leur présenter notre duo crée spécialement pour elles. Sous une allée de vignes, dans nos bleus, nous avons initié un pas de valse, dans nos mains une grappe de raisins. Puis, sous les gouttes de peintures des argentins, nosu avons continué notre descente vers le public avec une énergie folle entre sauts et rencontre avec les pinceaux, créant un feu d’artifice sur nos bleus.

 

Pour couronner le tout, nous avons fait le tour des ferias de fromage avec Jesus et les argentins dans la jeep merveilleusement peinte par ces derniers. Une surprise nous attendait : le duo Umaï sur la scène commune !! Sur une musique nous avons fait une improvisation. Nous avons mélangé leurs pas de danse traditionnelle avec nos mouvements. Le public était heureux de partager cela avec nous et nous aussi !!!

 

Nous reprenons la route en ce début de semaine vers le désert de sel où les bleus seront encore de la partie !

 

« Dos cuerpos » en atelier from Alice Kinh on Vimeo.

Carnaval Ouro Preto

Nous sommes arrivés dans ce village avec un ami pour fêter le carnaval à Ouro Preto dans les petites montagnes du Brésil. Nous avons été étonnés par les bâtiments anciens qui développaient tout de suite leur charme. Nous avons déambulé avec les grandes marionnettes et les batukadas. Il paraît qu’un esclave est devenu roi ( Chico Rei ), ce lieu est chargé d’histoire. Grandes sont les mines ici, les pierres précieuses foisonnent et nous essayons de nous frayer un chemin parmi elles. Les danses et les costumes sont en-dessous de notre attente. Il y a peu de changement, peu d’investissement personnel. Peut-être que le mythe du carnaval brésilien s’effondre ? Il y a beaucoup de personnes qui prennent la liberté d’exprimer leur homosexualité. Deux hommes se croisent et cela suffit pour s’embrasser puis continuer leurchemin sans se dire un mot.

Nous avons profité des montagnes et de leur paysage en les parcourants, une ressource après tant de bruits et d’ivresse. Nous avons rencontré toutes sortes de pierres et de  fleurs. Mais ce  qui m’a marqué le plus sont les différentes croyances essayant de rallier le plus personnes à leur insu. J’ai l’image d’un jeune posant la main sur le crâne d’un adulte en train de réciter des incantations pendant qu’un autre, debout sur un muret derrière, faisait des mouvements du ciel vers sa tête en répétant le nom d’un dieu.

Ce moment de carnaval fut le dernier de nos différentes étapes au Brésil. Nous pensions découvrir et apprendre des danses autres que la samba mais malheureusement non. Observer la foule en délire, assouvir des pulsions qu’ils ne se permettent pas de faire le reste de l’année. 5 jours de libération comme nous a dit une amie brésilienne où le jugement est banni. Une période aussi pour nous 2 de troubles dans notre pérégrination. 7 mois de voyage, un petit essoufflement et quelques difficultés à trouver un lieu où développer notre démarche. Depuis Jacaré nous n’avons pas réussi à trouver d’autres endroits et personnes réceptives et aidantes

Le chemin nous attend et la Bolivie aussi !

 

Nova Viçosa, une escale particulière

En ce mois de février nous quittons la région d’Itacaré pour nous rendre dans

ce petit coin au bord de la mer un peu perdu dans le sud de l’état de Bahia.

 

Nous nous y rendons pour rencontrer l’artiste Frans Krajcberg dans sa maison dans

les arbres. Pour ceux qui ne le connaissent pas il travaille à partir des arbres brûlés

de la déforestation et leur redonne vie en les transformant en oeuvre d’art.

Nous avons eu la chance d’être accueillis par lui-même et le privilège d’avoir une

visite guidée de sa forêt Atlantique et de ses lieux de travail.

 

Moment fort pour Alice en venant le voir chez lui après une rencontre à Paris pour un

projet autour de la journée mondiale de la forêt en 2010 et pour Théo l’instant inédit de

rencontrer cet homme si fou de nature.

 

Une parenthèse qui nous fait du bien même si nous n’avons pas eu l’occasion de

danser dans son atelier. Il a bientôt 93 ans et perd un peu la tête. Avoir serrer la main

de cet homme et avoir senti ses oeuvres si vivantes fut un moment précieux et unique.

Merci à Frans Krajcberg.

Il était une fois Pensamento Tropical

Asseyez vous confortablement, allumez vos enceintes et ouvrez GRAND vos oreilles ! Le voyage commence et laissez vous imaginer ce qui est conté. (soyez patients pour que le son charge entièrement)

 

 

 

 

 

Jacaré

 

Je suis impressionnée de la rapidité avec laquelle les choses se mettent en place, se conjuguent et se complètent.

Samedi, nous sommes allés à un concert en plein air offert par la municipalité de Joao Pessoa. Nous avons pris le train des travailleurs de Jacaré à Joao Pessoa. Nous sommes passés par différents petits villages, devant des décharges aussi. Apparemment ils font un tri dans certaines villes assez fou: verre, organique, papier, plastique et autre déchets. C’était un bon moment ce voyage en train. J’ai pu discuter avec des jeunes qui étaient là, qui rigolaient d’entendre parler français. C’est vrai que nous voyageons mais nous permettrons à ceux que l’on rencontre qui ne voyagent pas de leur faire découvrir autre chose.

Le concert était excellent sur cette place où tous types de gens se mélangent autant les jeunes que les vieux, certains en famille d’autres entre amis. Théo pouvait être assez timide par moments, comme impressionné d’être sur le sol Latino Américain. J’ai la sensation que je lui fais découvrir un peu mon pays.

Le soir nous allons voir le couché de soleil avec un saxophoniste sur une pirogue qui joue le Boléro de Ravel. C’était bon de se sentir entourés de tous ce brésiliens, qui venaient découvrir ce coin. Dans ce coin il y a des artistes, des vendeurs à la sauvette, tout comme chez nous l’été. Puis nous allons dans la rue du village des pêcheurs (vilha dos pescadores). Tous les gens étaient dehors, sur le pas de la porte de leur maison. Le coffre des voitures ouvert avec de la musique à fond. Il y avait aussi un anniversaire. On rencontre Ester, un homme en femme qui nous trouve tellement beaux, puis Jessie avec son bébé d’1 mois Otavio Guilhermo. Elle a 17 ans, elle en fait 22 voire plus. Puis nous sommes allés nous installer chez une dame qui fait des chiens chauds sur le pas de sa porte. Il y avait aussi un travesti chez elle. Nous discutons avec eux de la vie dans la rue où il fait bon vivre. On prend aussi conscience que lorsque nous sommes arrivés nous nous sommes votés emballés pour nous intégrer dans la communauté. Mais peut être que pour certaines choses il faut prendre un peu plus de temps. Ce n’est pas parce que les gens disent bonjour que ça y est nous sommes suffisamment proches pour partager plus. La limite n’est pas toujours facile à sentir. Nous sommes français et en France les gens ne se comportent pas de la même façon. Dès que l’on sent que les gens nous répondent au bonjour nous nous sentons d’un coup proches d’eux. Et puis on les voit dehors en train de converser. Une vie qui n’est plus individuelle ou intime mais qui est là pour être partager, pour se serrez les coudes.

À la marina, Julio qui s’occupe du petit bar nous accueille toujours avec autant de gentillesse, d’attention et de partage. On rencontre aussi Karin et Didier un adorable couple qui nous prête leur guitare pour que nous travaillons nos chants. On passe plusieurs soirées à discuter avec eux.

Nous avons eu des petits soucis avec la tente : affaires trempées avec les premières grosses pluies, un cafard rentré dans mon sac. On a voulu la déplacer, la mettre plus sous l’arbre, on a ratissé la terre et préparer le sol pour y installer la tente.

Nous avons enfin traversé la rivière et sommes allés à Ribeira, un bout de terre au milieu du fleuve. Nous nous sommes baladés sur un petit sentier de terre battue. Autour la nature foisonnante, des champs de canne à sucre. Nous nous sommes arrêtés aussi pour danser avec un tronc d’arbre calciné, petit hommage à Franz Krajcberg. Lorsque nous traversions dans la petite barque, nous avons rencontré une famille qui habite près de Cabedelo. Ils venaient passer l’après-midi à Ribeira. Il y avait : Luis, Maria Lourdes, Maria Helena, Alan, Neta, Deda. Ils étaient heureux que des touristes s’arrêtent pour discuter avec eux ! Ils disent qu’ils ont l’impression d’être des insectes bizarres aux yeux des touristes. Ils avaient tous un peu bu et ils arrêtaient pas de répéter que nous étions trop cool.

La chaleur fatigue pas mal tout de même. Le soleil se lève à 5h30 et se couche à 18h. Parler en portugais demande aussi beaucoup de concentration et de volonté ! Théo progresse bien et commence à prendre la parole plus facilement. Qu’elle joie !

Alors que nous étions à la cantine (cantinha) de la vilha dos pescadores nous avons demandé des renseignements pour aller prospecter pour nos ateliers.
Un monsieur, Alcides, a répondu à notre demande. Il détient un lieu de fêtes « Luck Festas » à Oceania le quartier voisin. 3jours par semaine il y a cours de capoeira avec le prof Muralha (Muraille). Nous avons fait nos premiers pas avec eux, il y a un peu tous les âges et tous les niveaux. Nous avons appris la « jinga » le pas de base, « meia lua », « negativo », « paso de Angola », « caja de rim », « roda ». Il nous a chanté différentes chansons :  » É um A, é um B, é um A, é um B, é um C. A de Angola, B de Birimbao, C de Capoeira. »
Théo avait déjà fait un stage, il capte vite et saisit rapidement les mouvements. Moi j’ai un peu plus de mal, j’ai peur de faire mal. Tous les jeunes savent jouer et faire l’accompagnement musical. À chaque fin de cours ils se mettent en ronde et remercient en disant quelques mots du cours. Nous avons été incroyablement accueillis. Alcides nous a introduit auprès de la communauté et du groupe de capoeira.
Muralha nous a laissé faire notre premier atelier à la place de son cours. C’était pour eux la première fois qu’ils pouvaient de décontracter pendant un cours. Ils ont beaucoup rigolé, c’était complètement nouveau pour eux. Certains se sont pris au jeu d’autres moins. Ils voulaient tous un autre cours, mais le lendemain seuls 6 sont venus sur la vingtaine de la veille. On se rend compte que ce n’est pas facile de savoir réellement ce qu’ils pensent car ils disent toujours que c’est super, magnifique, extra… Avec le petit nombre nous faisons un nouvel atelier. Il y avait Ruertesson, Alessander, Vitor, Lucas, Gabi e Guia. Un bon petit groupe. Nous dansons sur du goudron, béton, en extérieur, entre les flaques d’eau lorsqu’il a plu. Pour l’atelier suivant Alcides nous dit qu’il faut aller voir Nalcedine, une sorte de crieur public. Attention ça déménage ! Musique techno en introduction puis notre annonce. Il va circuler avec sa voiture dans le quartier et diffuser la bande son. Il y a eu la roda aussi où nous avons convié les marins de la marina pour qu’ils assistent à la représentation. Julio veut rencontrer le prof de capoeira pour éventuellement les faire venir à la marina les vendredis soir. Je suis contente de faire le lien entre les endroits et les gens.

Nous avons essayé de convier les gens de la rue des pêcheurs. On rencontre Don Socorro qui s’occupe de la communauté. On s’assoit sur le trottoir pour discuter. On lui présente rapidement le projet et notre souhait de partager avec les gens de la vilha. On aime cette non formalité, cette facilité à rencontrer les gens et échanger un peu avec eux.

Tout à l’air si simple. C’est un peu difficile de réaliser ce qui nous arrive. Nous avons eu tant de facilités à lancer notre projet, tant de mains tendues ! Quelle force, quel soutien! Des gens qui croient en nous sans nous connaître et qui nous font confiance. Chaque soir après les cours des élèves nous ramènent à pied. Ils sont étonnés que l’on marche à chaque fois car le lieu est éloigné de là où nous logeons. Cela nous fait du bien de marcher.

Ce que nous proposons est pris un peu comme du divertissement ou comme un jeu. Ils répondent au téléphone, lorsque les mamans viennent chercher leurs filles elles viennent leur donner des bonbons alors que nous sommes en étirement. Nous apprenons qu’il y a des choses qui ne sont pas évidentes et qu’il faut préciser l’attention à avoir dans nos ateliers. Mais pour certains ateliers c’est complètement rocambolesque, digne de la vie brésilienne ! En même temps que nous donnions un atelier sous le préau juste à côté il y avait un match de foot et 1h après le début de l’atelier (qui dure 2h) les jeunes du volley sont arrivés pour prendre l’espace… Bien sûr on nous avait rien dit de tout cela ! Et pour combler les surprises il n’y avait pas de son, alors on a amené un 4×4 le plus près possible (il ne pouvait pas rentrer dans les lieux) et Théo faisait des allers-retours pour mettre la musique ! Autant dire qu’il fallait réussir à capter l’attention ! Il y avait des âges vraiment différents et on n’a réussi à être à l’écoute de cela. Le début était bien : présentation de soi par le corps, puis l’énergie qui circule entre nous, puis dans notre corps. La dimension ludique est importante. Les exercices trop lents, trop subtils ne captent pas leur attention et ils décrochent. Les « élèves » vont alors te dire qu’ils ont un « compromiso » (compromis). Toute la partie en ronde à bien fonctionné. Peut être aussi faut-il passer un peu plus par un modèle pour ensuite s’en éloigner. Comme dans le groupe nous avons eu un homosexuel. Ils sont très bien acceptés ici. Ils dynamisent le groupe et permettent peut-être à certains de se désinhiber. On rigole beaucoup ensemble dans les ateliers, on applaudit aussi lorsqu’un exercice a bien fonctionné. C’était flagrant la séparation des genres : d’un côté femmes et enfants et de l’autres côté les gars. Au milieu entre le terrain de foot et la danse, des jeunes entre eux. Qui d’ailleurs ont regardé au début et ont applaudi une ou 2 fois. Le cours s’est terminé tout seul, les gens donnaient des excuses pour rentrer chez eux. Une fois fini les jeunes sont venus pour installer leur filet de volley. Rapidement nous avons rangé nos affaires et sommes rentrés.

Pour notre projet Alcides a aussi contacter le directeur du théâtre Santa Catarina à Cabedelo (la ville la plus proche de là où nous sommes). Le théâtre est tout petit mais très agréable. Nous ne souhaitons pas faire de lieux institutionnels mais on a cette opportunité qui se présente à nous. 16 personnes venues. Nous avons été incroyablement bien accueillis par Eulavio (directeur du théâtre Santa Catarina). Un homme très attentionné et à l’écoute. Il nous dit que c’est un plus pour lui ce que nous proposons à son théâtre à son peuple. Cela fait à peine 3mois qu’il a pris la direction du théâtre et ce n’est pas encore très évident car il y a des mouvements politiques et pas beaucoup d’argent pour la culture. Cet atelier était particulier car les personnes venaient du théâtre ou de la danse. Eulavio nous a fait des retours : chacun a trouvé une façon de s’améliorer et de dépasser ses limites. Les âges étaient très différents : de 11 ans à 45 ans. On senti le dépassement de soi, l’acceptation à faire des choses nouvelles, à jouer, à rire et à imaginer. Lorsque nous ne savions pas dire en portugais, il y en avait toujours un pour nous aider à préciser ce que l’on demandait. Les mamans viennent avec leurs enfants, c’est compliqué de les faire garder. Une mère à allaité plusieurs fois son enfant pendant le cours. Il faut s’habituer aussi qu’ils arrivent tous avec 30minutes de retard.

À la suite de l’atelier nous sommes allés au « show » sur la plage de Joao Pessoa avec Eirenede. C’est des groupes de musiques brésiliens. C’était complet de monde de tous âges, de toutes classes sociales. On a dansé la samba et bu une caïpi les pieds dans le sable.

Tout le monde veut que nous restions vivre ici !

 

Nous y sommes! Petit récit d’une traversée

Noël se passa dans les règles de l’art, champagne, foies gras, canard confit, pomme de terre  avec des cadeaux en dessert.  Nous étions tous très émus de ces surprises. En plus c’était l’anniversaire de Noëlle ! Pour les 2 occasions on leur a offert un Cd de Ildo Lobo, chanteur cap verdien. On a eu la chance aussi d’utiliser le téléphone satellite et de faire un petit coucou en plein milieu de l’océan! Tellement fou cette technologie !
La mer nous a donné une petite dorade coryphène,  un tazare et un poisson lune houblon.
On n’en avait jamais vu et jamais pêché non plus ! Nous l’avons laissé se reposer 24h le temps de demander à l’ami de Noëlle et Daniel si c’était comestible. Eh oui ! La chair ressemble à la raie. Nous l’avons mangé avec une sauce citron et jus de coco ! Et Noëlle a une technique pour ne pas faire souffrir les poissons : un petit coup d’eau de vie dans les branchies et il est direct assommé !
Nous avons connue la pluie, et aperçu des orages lointains derrière nous. Nous allions contre le vent qui allait parfois jusqu’à 16 nœuds, le bateau transperçait les vagues de plein fouet et on gîtait parfois de 30 degrés. Pour dormir dans la cabine tous les deux avec la gite on joue comme aux tetris avec nos corps. Il faut trouver les positions pour ne pas rouler sur l’autre.
L’AIS a sonné pour nous mettre en garde  d’une route de collision avec un cargo.  Alice a appelé ce cargo a la VHF (Very High Frequence) pour lui demander de changer de cap le voilier étant prioritaire. Nous avons aperçu ses feux navigation et ce fut bien la première fois que nous apercevions quelque chose ! Nous avons croisé d’autres cargos de jour comme de nuit mais pas de voilier.
Nous sommes à 43 milles des rochers ST PAUL, des plaques terrestres aurait formé ces rochers, des scientifiques les étudient et il est signalisé par un phare normalement mais rien à l’horizon trop de distance.
Bientôt nous allons traverser l’Équateur, nous y allons déposer une bouteille. Nous nous sommes mis au travail : atelier tressage pour décorer la bouteille, mot traduit en français, anglais, espagnol, portugais. (On a omis le fait que l’encre du stylo pouvait s’effacer avec le soleil !) Un petit bateau en papier avec photo. Et un petit boute bleu avec un coquillage de la plage d’Angoulins !) Bien sûr atelier photo avec les bleus et petite danse sur le bateau pour jeter ensuite la fameuse bouteille à la mer. Daniel s’est fait caméraman et il a super bien joué son rôle ! Au passage de l’Équateur à la position 00•00 N 28•58W, nous trinquons et donnons du champagne à Neptune pour la remercier de sa clémence et bienveillance
Après un magnifique couché de soleil une nuit étoilée superbe est arrivée. Il y avait une  lueur au loin, celle de la terre qui nous attend depuis un petit bout de temps. Les heures devenaient de plus en plus  longues c’était comme dans un train mais à une autre échelle  quand tu sais que tu es bientôt arrivé mais que tu as encore un peu de temps, tu ne penses qu’à l’arrivée et à ce qui t’attend mais tu n’y es pas encore seconde après seconde, vague après vague, mile après mile.
Nous commençons à apercevoir des lumières et des phares des bouées blanche, vert et rouge, Joao de Pessoa nous voilà. Noëlle est à la barre Daniel et Alice observent les alentours et moi je vérifie sur le GPS que tout va bien. Nous arrivons au mouillage pas loin d’une zone industrielle je crois. Maintenant la nuit et demain le jour où nous découvrirons le vrai visage de la côte.
En tout cas on arrive, nous sommes partis le 25 septembre 2013 et nous arrivons le 2 janvier 2014, et pourtant seulement dix jours de traversée d’un bord à l’autre de l’Océan. Nous aurons fait aux alentours de 3200 miles (soit 6400 km). Bientôt ce n’est plus un cap que nous allons suivre mais la route de UMAÏ. Sans GPS, sans pilote auto, mais avec notre danse, avec nos rencontres.
On remercie tous ceux quiont croisé notre route jusqu’à maintenant, qui nous ont tendu la main, qui ont fait des entorses à la règle et qui nous ont soutenu pour la réalisation de notre projet. Je sens que l’entraide est possible et qu’elle existe, peut être plus forte parce que nous étions loin de la terre natale.
On vous souhaite tous une bonne et nouvelle année 2014 et que vos rêves vous donnent des ailes ! Oui c’est possible ! Petit clin d’œil de Michel Serres « … Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer … »
                                             Alice et Theo

LA TRAVERSEE EST LE FUTUR BLEU DE TRAVAIL

Avant de partir nous nous posions la question du bleu de travail à l’étranger. Existe-t-il comme chez nous en France ? A-t-il la même référence ?

Aujourd’hui en nous baladant dans les rues de Mindelo, nous avons été surpris. Dans un groupes de pêcheurs, près de la plage, un monsieur assis sous un arbre portait le bleu de travail, en attendant sur une pierre.
Puis un peu plus loin, un groupe d’hommes confectionnaient des toiles (sûrement pour les fêtes à venir). Derrière sa machine à coudre un des hommes arborait son bleu de travail. J’aurais aimé avoir les bleus sur nous, pouvoir échanger, pourquoi pas se prendre en photo avec eux et puis leur offrir une danse. Voir un autre bleu de travail, ou alors voir la forme avec laquelle nous l’utilisons.
On recherche une porosité : connaître le pays et comment toutes ces nouvelles informations et connaissance peuvent modifier notre danse.
Nous sommes partis dimanche pour le Brésil. Nous réfléchissons à la façon dont nous allons nous remettre à danser après cette épopée maritime. Peut être d’abord s’imprégner de l’atmosphère en sortant danser le soir, se familiariser avec la population et leur regard. Puis après aller dans la rue et danser.

Cap-Vert dernière escale

La Gambie un pays différent de celui du Sénégal. D’abord c’est une ancienne colonie Anglaise et les gens sont moins souriants, ils harcèlent et essayent d’arnaquer le plus possible les toubabs (nom donné aux blancs). Nous naviguons sur le fleuve Gambie et nous  découvrons deux endroits : Lamine Lodge et Oister Creek. Ce sont deux villages essentiellement pêcheurs en pirogues.

A Lamine Lodge nous avons vu des singes et nous leur avons donné du pain et de la banane. Des petits assez nerveux. Il y a aussi des rizières, se sont surtout les femmes qui y travaillent. Nous sommes allés avec Théo à Serrekunda, la ville la plus proche pour aller faire du change et acheter quelques vivres. Il faut d’abord marcher sur des sentiers en terre battue pour accéder à la « main road » (route principale). Sur le chemin nous avons pu voir un temps soit peu la vie de ce village. Beaucoup d’enfants, certains venaient nous tendre la main et jouer avec nous. Au bout de 2Km de marche nous atteignons la route principale et récupérons un mini-bus. Les sièges sont déglingués, on est environ 15. Sur le pare-brise il y a des photos de marabout et la photo de l’actuel président.

Les photos manquent parce que le fait de photographier fausse la relation. Tout de suite les autochtones deviennent exotiques et nous devenons de purs touristes, il n’y a plus de relation humaine mais un rapport monétaire. Beaucoup d’hommes gambiens sont venus vers nous soit pour être notre guide, soit pour nous demander quelque chose.

Petite histoire:
Pascal et Alice se rendent aux douanes pour régler les visas et les taxes du bateau. Ils sont tombés sur un apprenti, il a fallu trois heures pour faire les papiers. Vient le moment de la fouille du bateau et l’apprenti suit Alice et Pascal. Arrivés à l’annexe le douanier fait une tête de deux mètres de long. Pour commencer essaye de le rassurer « Si vous ne savez pas nager je peux vous secourir si vous tombez à l’eau ». Son visage ne s’est pas amélioré: c’est à son tour d’embarquer dans l’annexe, il met un pied deux pieds et perd l’équilibre ! Pascal le retient par le pantalon! Le douanier regarde Alice et lui dit : « Everything is ok on the boat? » « Yes everything is ok, no problem. » Le douanier remonta vite sur terre sans avoir mis les pieds sur Free Mouss. Comme nous avait demandé le capitaine nous
lui faisons un petit cadeau, la corruption est courante là-bas.

La veille de notre départ nous sommes allés au port pour faire les tampons de sortie de la Gambie. Nous avions besoin de nous dépenser nous avons alors marché de Oister Creek jusqu’au point de contrôle. Environ 2h de marche. Nous avons croisé des gamins qui se relayaient à porter un gros sac de bouis, le fruit du baobab. Ils vont à l’école le matin et à 14h ils font autre chose. A l’approche de la ville un jeune a fait la route avec nous sur son vélo. Puis un copain à lui nous a rejoint.

Les cours avec les garçons sont de mieux en mieux. Nous sommes profs, copains, frères… Pascal toujours aussi franc et cela fait du bien. Encore une fois nous avançons mais aujourd’hui c’est vers le Cap Vert que nous nous dirigeons.

Le médicament contre le paludisme nous affaiblit mais heureusement Pascal nous fait un poulet au four avec des pommes
de terres, rien de tel pour requinquer. Il fait chaud et la mer est croisée, la houle se fait sentir.

On a vu la terre ! Boa Vista une des îles du Cap Vert, nous l’avons longée en continuant d’aller au nord ouest pour trouver Mindelo la capitale de Sao Vincente. La Mer est agitée c’est un peu épuisant d’autant plus que le médicament contre le paludisme n’aide pas.

Je me sens lasse à présent de ce voyage en bateau. Il prend trop de place et la mer me fatigue beaucoup. Pourtant c’est la dernière étape, il reste juste la traversée. Il faut encore une fois trouver un nouveau bateau, s’adapter à un nouvel espace et configuration, ainsi que la découverte des personnes à bord. Ce n’est pas toujours facile de ne pas avoir d’endroit à soi, une intimité. Etre chez les autres…

C’est une réelle épreuve sur l’apprentissage de la vie ensemble et de gérer les énergies. On ne peut pas vraiment se défouler à bord d’un bateau, donc emmagasines et tu attends la terre pour dépenser ton corps et te changer la tête. C’est fou tout ce qu’on peut faire à terre ! On devient aussi asociale, on se crée un petit monde et on se coupe de toute une réalité mondiale. Pourtant nous sommes presque au centre de la terre, presque dans le ventre de la Terre Mère.

On peut s’ennuyer aussi sur un bateau. Les jours où il n’y a pas de terre au loin, où seule l’étendue bleue nous entoure, on attend silencieusement le moment où l’on criera « Terre! ». Le corps devient soudain vivant, plein d’énergie, rempli d’un souffle nouveau. La joie nous saisit, enlève le sentiment de peur et de pesanteur que l’on éprouve en mer. Comme une sorte d’apnée. On peut atteindre des moments de médiation ou d’ascèse. Le regard se perd au loin, le corps se laissant balloter au rythme de la houle et du vent.

En arrivant au Cap Vert nos corps ont beaucoup soufferts, car c’est la première fois que nous avons eu une mer assez agitée et du vent très fort. Nous avons du tirer des bords à quelques miles de l’arrivée (c’est une navigation sportive où il faut exécuter des zigs-zags pour pouvoir avancer face au vent).

Nous nous rendons compte que nos corps ont beaucoup perdu en souplesse, en ouverture aussi. Ils gagnent en stabilité mais se rigidifient. Les étirements ont été douloureux… Le corps est meurtri à l’intérieur, les reins sont fatigués par le traitement fort du palu mais aussi du manque d’eau. Nous mangeons beaucoup sucré pendant les quelques jours de navigation afin de nous dynamiser, mais ce n’est pas gagné. Théo arrive tout de même à faire des crêpes juste avant l’arrivée. Le moral des troupes s’est un peu requinqué. J’ai remarqué que j’ai besoin de manger plus en mer qu’à terre. Je passe la plupart du temps à manger et dormir.

Je me rends compte que le voyage en bateau ne me fait pas autant vibrer qu’au début (en dehors des moments de mouillage et de découvertes de nouvelles terres et cultures). Sur cet espace restreint du bateau on apprend l’attente, à s’ennuyer, à ne pas faire plein de choses dans sa journée et même à les répéter. Les jours se ressemblent tellement (j’exagère un peu dit Théo), où l’on voit tour à tour le soleil et la lune se lever pour se recoucher. Je comprends maintenant pourquoi on peut devenir fou à force de naviguer.

Etre sur un bateau en mer nous fait encore plus prendre conscience de notre origine animale où nous ne faisons quasiment que dormir et manger en dehors des brefs temps d’étude de cartes, vents et réglages de voiles.

Cela fait du bien de parler une autre langue à nouveau. J’aime cette langue. Les gens ici n’ont pas un accent très fort on les comprend facilement.

Nous devons donc partir à la recherche de notre dernier bateau. Maintenant une seule direction possible : le Brésil.
Enfin ! Nous avons hâte de rentrer dans le vif du sujet de notre projet !

 

Débarquer : ou l’histoire de Pompony-Jo

Ça y est, nous venons de larguer les amarres et nous partons en direction du Sénégal pour faire Dakar, la Casamance, Cap Vert et enfin Brésil.
Nous embarquons donc sur Pompony-Jo pour presque deux mois de mer. Nous ne savons pas encore combien de temps nous allons rester à chaque escale. Avant de partir nous avons fait des travaux dans le bateau : peinture, couture, utilisation de liège. Cela nous a permis aussi de nous familiariser un peu plus avec le bateau. Claude a construit son bateau pendant 4 ans à partir des plans de l’architecte Karoff. Depuis 30 ans il navigue sur son bateau.

Nous partons pour 7-10 jours de mer jusqu’à Dakar.
Nous avons naviguer au large des côtes Mauritaniennes. Nous avançons de manière différente à chaque fois, le vent n’étant pas des plus dynamique. Nous avons fait une pointe à 7noeuds mais le reste du temps nous oscillons entre 4&5 nœuds. Depuis que nous sommes partis nous avons eu le plaisir de pêcher 2 dorades. Un vrai délice de manger du poisson tout frais juste pêché par Théo. D’ailleurs il s’est longuement affairé avec le matériel de pêche, il essaye les différentes techniques, les différentes lignes.
Nous avons également pêché 2 oiseaux que nous avons relâché. Ils s’étaient pris dans la ligne de pêche.
Nous avons bien progressé dans les manœuvres à faire à bord.

A bord le temps passe d’une manière totalement différente que sur terre. Une sensation que les journées sont plus longues et distendues.

Nous avons fait des expériences culinaires car il n’y a pas de four à bord : pizzas maison à la poêle et gâteau à la cocotte minute. C’était bon !

Un soir nous avons bien rigolé au sujet des pirates. Nous étions trop loin des côtes apparemment pour que les pirates puissent venir à bord.

A chacun de nos 1/4 nous avons vu le levé de lune. Au début on croyait que c’était des feux de la côte au loin. Puis nous avons compris que c’était la lune qui se levait. Le soir aussi des dauphins sont venus nous voir près du bateau. Avec les planctons phosphorescents on voyait des traînés d’étoiles filantes au sillage des dauphins.

Bribes écrites durant la navigation :

« Je sens la porte de la cabine s’ouvrir ça y est c’est mon tour. Alice me raconte que des bateaux sont passés à côté du notre et sur le GPS rien est apparu. Encore quelque chose à résoudre.
La mer est calme ainsi que le vent, la lune est parmi les étoiles et les nuages. Le moteur ronronne dans nos oreilles. Les voiles flottent et se balance de bord en bord. Personne à l’horizon.
Notre bateau avance de vague en vague vers le Sénégal petite ou grande elle nous berce et nous raconte ses histoires.

Poème
L’eau t’emportes et tu te laisses emporter. Tu es dans son corps et elle t’accueil. Ce fut un endroit où tu as vécu étant beaucoup plus petit. La mer te berçant dans ses vagues. Elle te fait oublier tes tracas si tu t’abandonnes dans ses bras. Tu te laisses porter par sa densité. Sa fluidité te rends léger, tu danses.

Ça y est je commence a me sentir enfermé cela fait notre 6ème jours que nous sommes partis. Nous avons péché un thon ce matin,la nourriture ne manque pas. Mais c’est l’espace réduit qui me perturbe. »

Le vent se met à souffler fort et les côtes ne sont pas très loins. Nous sommes obligé de rabattre les voiles car nous voulons arriver de jour.
Nous passons à côté de l’île de Gorée un endroit où l’esclavage était fort présent. Puis une digue et derrière des voiliers. Quelle euphorie de revoir la terre ! Un homme arrive avec un passeur pour nous indiquer l’endroit où nous devons nous mettre. Cet homme s’appelle Moussa. Quelque temps après Alice aperçoit le pavillon breton d’un bateau  » on dirait Free Mouss, oui c’est Free Mouss !  » ça tombe à pic puisque nous décidons de débarquer suite à une tempête à bord venant du capitaine. En deux deux nous faisons nos sacs et allons avec Moussa rejoindre Free-Mouss. Il a raison Pascal « on ne change pas une équipe qui gagne! » C’est réparti pour les cours et il nous propose de nous embarquer jusqu’au Cap Vert !
Avant nous ferons une petite escale en Gambie. Prochain récit pour Noël on vous racontera le Sénégal, la Gambie et le début du Cap Vert !

Naviguer… il faut trouver le bon navire

L’escale de deux jours sur Blue Gin s’est allongée et est devenue une semaine. Nos journées n’étaient pas très variée : nous allions de pontons en pontons, de bateaux en bateaux et ce n’était pas évident de toquer aux coques et de demander aux personnes s’ils avaient besoin d’équipiers. Nous parlions français, anglais ou espagnol, et même brésilien ! Nous avons senti ce que c’était que se « vendre », mettre en avant nos qualités qui pourraient être utiles à bords : faire le pain pour Théo, barrer, faire les quarts la nuit.

Durant nos 15 jours passés à Las Palmas, nous avons éprouvé de nombreuses oscillations d’émotions : l’euphorie, la tristesse, le doute et l’incertitude. Pourtant, de nombreuses personnes nous ont tendu la main. En commençant par Blue Gin qui nous accueillait sur le bateau à bord. Tout l’équipage nous a soutenu, écouté et aidé, notamment pour la corvée d’écriture avec Gildas et Marco pour faire des petites affichettes, collées par la suite à différents endroit du port.

Est  venue la vie à bord de Free-Mouss, Pascal et ses « deux gars » Titouan et Yoan. Nous avons fait du troc : nous donnions des cours pour le CNED et ils nous hébergeaient à bord + nourriture. Une sacrée semaine avec une responsabilité d’ouvrir l’esprit de ces deux garçons déjà bien autonomes et responsables. Ils sont impressionnants dans la connaissance de leur corps à bord, dans l’eau et de la cuisine. Le dernier jour nous avons chanté une chanson en anglais « Tom is english, he lives in England, etc… ». Nous avons travaillé sur la respiration, la position du corps, le rythme. Le jour de notre départ ils étaient touché de nous voir partir. Peut-être avons-nous permis qu’ils prennent un peu plus confiance en eux pour la suite de leur périple. Pascal, quant à lui à un sacré mérite de voyager avec ses 2 fils et de s’occuper d’eux avec autant d’amour et respect.

Nous nous rendons compte aujourd’hui que nous rencontrons/croisons beaucoup de personnes, avec des histoires différentes, des projets différents et des philosophies différentes à bord d’un voilier. C’est le cas de Sillage, un autre bateau français : Fred, Daphné et leurs filles Noam et Mae. Nous avons partagé de belles discussions sur ce que c’est d’être parents, sur le voyage et la découverte de l’autre. Une autre personne qui nous a beaucoup touché : Anaïs. Une bateau-stoppeuse qui nous a donné beaucoup de douceur et de petits partages autour d’un verre à bord de Free-Mouss. Eva, une navigatrice solitaire vendait un livre qu’elle fait main. Nous lui en avons acheté un et cet argent participe à l’achat d’un pilote automatique pour continuer son périple vers le Brésil.

Quelques jours avant de quitter Las Palmas, nous avons eu l’idée de faire signer nos sacs à dos par les personnes que nous rencontrons et qui souhaitent laisser une trace sur nos petites maisons. On ne sait pas s’il y aura assez de place pour toutes les personnes que nous croiserons !

Nous avons quitté Las Palmas ce lundi 11 novembre en direction de Ténérife pour rejoindre Claude et son bateau Pompony-Jo. Nauta.d, un bateau allemand  (un centurion pour ceux qui s’y connaissent un peu) avec à son bord Ernst, Hunter et Cloe, venus tout droit du Canada, nous a embarqué pour cette journée afin de joindre la capitale. Un plaisir de naviguer avec ces personnes et à bord. Le chef cuisto Théo nous a régalé d’une belle platée de pâtes ! (toujours le pied marin !

Maintenant nous sommes à Tenerife. On a omis un détail : avant de rejoindre Claude et Pompony-Jo nous avons rencontré le couple de belges avec qui nous allons faire le voyage.  Nous avons recroisé Blue Gin car nous lui apportions une ligne de pêche en cadeau de Free Mouss. Marco toujours vaillant et récupère ses équipiers pour sa prochaine traversée.
On se rend compte que nous sommes bien entourés et cela fait chaud au cœur.
Nous avons eu une première rencontre avec Claude le lundi soir de notre arrivée sur Nauta.d. Puis nous l’avons rejoint mardi matin à bord. Cette nuit là nous avons dormi sur le pont avec Theo, au vent frais de l’océan mais au creux douillet du bateau.
Nous prenons nos marques petit à petit et sentons que les premières expériences et partages portent déjà des fruits. On a notion de ce qui est important de savoir ou non avant de monter à bord. Nous attendons actuellement le pilote auto avant de pouvoir larguer les amarres. On espère pouvoir faire un essai de navigation avant de partir pour le sud direction Sénégal et Cap vert.

 

 

Une photographe à Madère

Nous dansions à Madère, lorsque Angela est venue nous montrer ses clichés que voici !

Canaries : quel sera notre prochain bateau ?

Aujourd’hui vendredi 25 Octobre s’arrête notre première expérience de bateaustop avec Cyrano. Elle fut très enrichissante avec de nombreuses surprises. Une chose est sûre : quand on veut réellement réaliser ses rêves même avec des enfants c’est possible !

Nous avons dansé à Porto Santo sur la plage puis à Madère dans un parc de la ville. Le besoin de nous redécouvrir à travers la danse  se faisait sentir en improvisant à nouveau et en s’apprenant des bouts de phrases créé sur le moment. D’ailleurs un couple d’allemand s’est arrêté pour échanger avec nous et la femme a fait plusieurs photo que vous trouverez prochainement sur le site. D’autres personnes un peu plus timides nous observaient de loin.
 Nous avons confectionné des fourrages en cuir sur les bars de flèches du mât pour éviter que les voiles se déchirent. On a mis plusieurs heures à créer le patron en allant de la prise de mesure à la confection d’un patron avant la découpe du cuir.  Tour à tour nous montions en haut du mât pour aller coudre la protection. Théo se sentait à la fois comme dans un nid et en même temps balloté dans le vide. Il s’est même fait coincée les cuisses. Alice voulait sauter depuis tout là-haut et aimait voir la vue autrement.
Sur la route de Madère aux Canaries Cyrano propose un mouillage à côté d’une île protégée : ilha Salvagem. Nous avons pu y voir des poissons magnifiques et des crabes avec des carapaces colorées en feux d’artifices.  Bien sur les dauphins, (rencontre incontournable à chaque) sont venus nager et on vous fait partager un peu de leur joie.
Petite surprise ! Cliquez ici
Maintenant place à Gran Canaria où nous allons devoir trouver un autre bateau. Très gentillement le navire Blue Gin rencontré à Lisbonne nous propose de rester pour 2 jours le temps de trouver des pistes ! On croise les doigts pour trouver un nouvel embarquement rapidement !

Clichés récents

Voici différents moments de notre vie à bord pris par Bénédicte

De La Rochelle à Porto Santo

Nous y voilà ! Nous venons à 4 mains plancher un peu sur nos 2 semaines de voyage depuis le 25 septembre de La Rochelle à Porto Santos où nous sommes actuellement.

La première semaine de stop est marquée par de rencontres incroyables. On citera les plus étonnantes :
– Gloria, une portugaise chauffeur, rencontrée sur une aire à camions près de Dax. Son fils avait ramené du Portugal 2 jeunes, elle pensait que c’était nous. On lui a raconté notre projet, elle était enthousiaste. Petite elle n’avait pas pu faire ce genre de projet car elle était trop pauvre. Elle nous a demandé de lui envoyer des photos de l’Amérique Latine. Pour combler le tout elle nous a donné 50€ !
– Nicolas et Margaret, un couple d’Américains de Boston nous prennent près de Pamplona. C’est la première fois qu’ils prennent des gens en stop. Margaret avait peur qu’on ait des armes avec nous ! « Do you have some weapons with you ? »
Ils nous prennent en photo pour montrer à leurs amis et leur raconter le stop ! Nicolas nous donne 10€ pour le projet.

– A Pamplona c’est Andoni qui nous emmène un peu plus dans le sud, il fait des études d’ingénieur agronome. Il nous a rapporté de chez lui du pain, de l’eau, du fromage et des fruits et nous a emmené un peu plus loin. Nous avons découvert le groupe les black key, un bon mélange de style !

– Herman Diaz est le dernier de nos auto-conducteurs. Il rentrai de Ciudad Rodriguez (Espagne) à Guarda (Portugal). Il venait de participer à un festival international de moto, dont il était le gagnant et de surcroît le plus vieux !

Entre tous ces moments de rencontre nous avons connu le poids de nos sacs (eh oui avec toute la nourriture, l’eau !), puis des moments d’attente et de peur parfois le soir en plantant la tente dans la nature. Nous étions aux aguets, très prudents de là où nous nous installions. Les premiers jours le soleil nous accompagnait et avant d’atteindre Lisbonne la pluie l’a remplacé ! Il nous est arrivé de danser un peu et de chanter, mais nous souhaitions surtout avancer et de nous rapprocher du continent pour la danse.

Ça faisait 5h que nous étions assis dans nos fauteuils. L’arrivée fut tant attendue que nous avions vraiment l’impression d’avoir passé une étape. Il fallait trouver un endroit où dormir vu que nous ne connaissions personne à Lisbonne. Good night fut la première auberge pas loin du centre et surtout pas très loin des marinas (incroyable une douche chaude :-)). Le lendemain aux marinas nous avons rencontré des anglais, des français et des portugais bien sûr ! Mario, un réparateur sur la zone portuaire nous informe qu’un cata français avec une famille serait là demain à 10h. Notre première piste ! Nous rentrions mouillés par la pluie, excités de rencontrer le cata Cyrano et son équipage. Nous avons changé d’auberge, nous voulions avoir une ambiance plus locale et moins funny et américain.
Cyrano était arrivé et il fallait foncer car 2 autres bateau-stoppeurs suisse nous collaient aux fesses ! La rencontre fut brève, nous avons d’abord rencontré Arnaud et Bénédicte puis les enfants à l’intérieur du bateau : c’était l’heure du CNED. La réponse positive nous étions fous de joie, encore une autre étape de faite.

Ça y est nous sommes partis pour Porto Santo. Arnaud nous briffe pour les quarts (surveiller le bateau pendant la nuit). Il faut vérifier régulièrement la tension électrique, la zone de navigation avec l’ordi et la tablette, et s’assurer du cap sur le pilote automatique. Théo a déjà le pied marin et n’a pas le mal de mer, Alice le sera un peu au début. Le 2ème jour de navigation Arnaud décide de sortir le spi. Il faut mettre d’abord la voile dans une chaussette ce qui permet de l’accrocher sans avoir une trop grosse prise de vent afin de finir les réglages. Il est bleu et blanc et il prend tout l’avant du bateau. C’est une voile très légère qui peut facilement se retourner. Il fait toujours garder un œil dessus. Avec le bateau va jusqu’à 8 noeuds.
De nuit, le sens de l’ouïe est beaucoup plus développée et les bruits nous paraissent plus énormes. Le plancton fluorescent rend la mer magique (chaque remous le fait sortir à la surface). La mer nous semble douce et forte, sa couleur change de temps à autre. Une fois elle ressemblait au lapiz-lazuli. Nous flottons, nous capturons l’air, il glisse dans une peau puis repart. Ainsi vogue le navire, la queue du safran porte la direction.
Un soir, un groupe de dauphins est venu nous rendre visite en nageant près du bateau. Une expérience de la pêche nous rapporte une dorade coryphène, aux écailles dorées. Terre a été crié. Porto Santo se dresse devant nous. Les heures se rapprochent, le continent d’Amérique du Sud est de plus en plus près.

Périple en bateau !

Mercredi dernier nous avons rencontré Cyrano, un cathamaran et sa petite famille : Bénédicte, Arnaud, et leurs 4 enfants Quentin, Faustine, Augustin et Timéo. Nous allons faire un premier bout de voyage avec eux jusqu’à Madère et plus si on se supporte 🙂