Projet Socio-chorégraphique

Projet d’essai socio-chorégraphique : Umaï sur la route

 

1. Ce qui nous amène à ce projet artistique

. Fin de l’art itinérant ou réinvention de partage artistique : l’art social

Jeunes créateurs en danse, nous sommes traversés par les questions de la construction de l’art vivant, en particulier de la danse, et de son évolution, de son parcours. Il nous devient important de considérer la danse, non pas uniquement comme un art à part entière, mais comme un art de vie, un art du quotidien. C’est la notion de la scène et de la construction de la danse aujourd’hui qui nous pousse à mettre en mouvement la danse non pas dans un espace clos destiné à une certaine population, mais d’ouvrir ses frontières, de casser les obstacles, de rétablir les ponts entre la danse et le monde. Le monde vivant.

L’art itinérant nous apparaît alors comme une première alternative à cette danse dans des (salles de spectacles) « boîtes noires ». L’art itinérant à la recherche de nouveaux sentiers d’expériences et de partages. La route, celle qui nous est commune, semble être notre première mise en mouvement. Se mettre sur la route, marcher, s’arrêter et danser pour partager. Partager à la fois notre route mais aussi notre élan créatif et notre conviction intime et personnelle que la danse n’est pas réservée à une certaine classe de la société mais à tous. La route comme lieu d’expérience, une sorte de mise à nue et de prise de risque aussi. La route parce que nous allons directement à la source de la métaphore de nos vies, nous allons à la rencontre de ceux qui n’oseraient aller dans ces « boites noires ».

Certes, certains pourraient nous dire que nous sommes de jeunes utopistes en quêtes d’aventure. Oui, nous sommes jeunes, utopistes et en quêtes d’aventures humaines et artistiques. Et c’est parce que nous y croyons qu’aujourd’hui nous partons sur les routes pour concrétiser nos idées, nos rêves d’un partage dansé. C’est de l’art de rue, mais surtout de l’art social car nous construisons, un temps soit peu, du lien social par notre danse.

. De la scène à la place publique, entre tradition et modernité

Nous voulons reconquérir l’espace publique, ou la place publique ; nous l’approprier comme elle l’a été historiquement. Avant les salles de spectacles, il y avait la place du village, de la ville, il y avait les conteurs. Aujourd’hui ces places, ces rues sont des lieux de passages qui ne nous appartiennent plus réellement. Elles se sont dépourvues de l’intime et de la force de rassemblement. Comment nous réapproprier, le temps d’une danse, un espace qui n’est plus ou pas familier ? Comment susciter la surprise, l’interrogation, la curiosité des gens du pays ? C’est peut-être aussi redonner aux habitants l’envie de partager à nouveau cet espace public, même si parfois l’intimité prend place. Danser au milieu de la vie.

. Crise artistique : un modèle institutionnel / culturel qui atteint ses limites

Ce qui nous fait aussi agir, nous engager corporellement dans ce projet socio-chorégraphique c’est l’expérience que nous avons faite du modèle institutionnel et culturel qui atteint pour nous ses limites. Il ne s’adresse qu’à un certain nombre de chorégraphes ou de compagnies – relativement petit pour la danse. Il y a peu de tentatives nouvelles des salles de spectacles afin de laisser place aux jeunes créateurs et danseurs. Et s’il en existe c’est souvent des concours. Tout ceci ne représente pas notre éthique et notre espoir pour l’épanouissement de la danse.

Nous souhaitons trouver notre place dans un espace social à créer, plutôt que d’investir les chemins tracés. C’est donc d’abord sur la route que nous souhaitons la trouver, au contact des gens, qui nourrirons notre danse et notre parcours de jeunes artistes. A leur contact, on comprendra le public, parce qu’on sera dans son espace pour quelques minutes. On trouvera aussi la force en nous mais aussi en eux. On avancera avec eux, avec leur regard et non pas loin de leurs préoccupations et de leurs questionnements.

C’est un grand défi que nous (nous) lançons, mais nous n’oublions jamais que sans le public, la danse perd de son poids. Nous voulons créer, non pas seulement pour nous, ou pour une commande, mais aussi pour autrui. Le fait d’intégrer des enfants dans un processus dansé, les amène à se sensibiliser, à comprendre son corps qui induit un développement personnel ainsi que leur lien au monde et à autrui.

. L’art itinérant contemporain : réinventer l’artiste et le partage artistique

L’idée n’est donc pas d’être dans une relation binaire, pour ou contre, moderne ou traditionnel, mais bien de réinventer l’artiste et le partage artistique. Autrement dit, comment relier ces différents espaces sans que le fossé ne soit trop important ? Comment se nourrir de l’expérience de la route pour ensuite appréhender autrement les enjeux de la scène.

L’art n’est pas en dehors de la société, au contraire, il l’aide à se construire, à se questionner, à se penser. Nous souhaitons aussi réinventer l’artiste non pas comme un marginal mais comme un créateur de lien, d’envie et de partage.

Nous souhaitons partager l’aventure de notre danse avec ceux qui croiseront notre route : sortir de la représentation type au profit d’un partage dansé.      

 

2. Projet interculturel et multidisciplinaire

. Un autre continent, une autre culture / mise en valeur des 2 cultures et des 2 histoires

Nous avons fait le choix, pour un premier projet socio-chorégraphique, de partir de l’autre côté de l’océan Atlantique et d’arriver en Amérique Latine. Aller à la rencontre de ce qui est autre, de ce qui nous fait autre et de ce qui nous rend par moment étranger à nous-mêmes. Pour nos parcours artistiques il nous semblait fondamental de se mêler à d’autres façons de vivre, d’exister et d’être au monde.

Nous parlons l’espagnol, Alice parce qu’elle a vécu six ans durant au Venezuela et Théo-Mogan parce qu’il s’intéresse à la culture latino américaine et travaille avec Lia Rodrigues (chorégraphe brésilienne, travaillant au sein d’une favela à Rio).

Partir là-bas, en emmenant avec nous le duo (construit d’ici la date du départ), c’est partager ce que nous avons de plus intime en nous.

. Danse et contes autour de la Nature

La nature est au centre du projet, elle nous guide et reste fondamentalement présente dans notre travail et nos racines. C’est aussi pour cela que notre choix s’est arrêté sur l’Amérique Latine, où l’on nous parle de la Pampa, des Tepuis, des grands fleuves irrigant les terres. Nous partons avec tout cet imaginaire lu dans les récits littéraires ou de voyages. Dans ces endroits nous voulons aussi offrir notre duo Umaï, aux habitants de ces zones dites « reculées ».

Pour accompagner notre danse d’images qui seraient plus familières aux habitants de ces contrées, nous désirons réciter ou lire des extraits de récits sur la Nature d’auteurs latino américains.

Le partage de ces deux cultures et histoires se retrouvent sensiblement dans notre duo, aux récits et descriptions de Nature piochés dans :

–       la littérature européenne d’Ovide, de Proust, de Montaigne, de Ronsard, Rimbaud, Maupassant, Bonnefoy, Colette, Bauchau

–       celle d’Amérique Latine de Borges (Arg.), de Silvina Ocampo (Arg.), d’Isabel Allende (Ch.), Pablo Neruda (Ch.), Luis Sepulveda (Ch.), Gabriel Garcia Marquez (Col.), Efraim Medina Reyes (Col.), Victor Montoya (Bo.), Adela Zamudio (Bo.), Jorge Icaza (Equ.), Alicia Yanez Cossio (Equ.), Mario de Andrade (Br.), Carlos Mero (Br.), Alfredo Pita (Per.), Mario Vargas Llosa (Per.), Carolina Freire de Jaimes (Per.).

. La proposition phare de notre route

Afin de ponctuer notre route de moments de rencontre organisés, nous proposons gracieusement à des écoles et associations humanitaires en Bolivie, Pérou et Equateur notre duo. Accompagnant le duo Umaï, nous souhaitons ouvrir des temps d’atelier corporel, s’inscrivant dans la journée de l’école des enfants sur une à deux semaines. C’est à la fois un temps de sensibilisation à notre travail de danseurs, mais aussi à la nature.

 

3. Objectifs du projet

. Le but de ce projet est avant tout la rencontre avec l’autre, à la recherche d’une humanité commune. Le corps, nos corps, semblables dans leurs constructions mais différents dans leurs histoires est ce lieu de rencontre et d’échange. C’est l’outil de travail pour les danseurs que nous sommes, mais c’est aussi et surtout le lieu de l’existence terrestre pour chacun d’entre nous. Nous partageons ce territoire avec autrui, à travers les différences culturelles, linguistiques et sociales.

Le projet s’articule autour de l’identité, de l’interculturalité et du rapport à l’autre à partir de trois temps donnés : un travail corporel, un spectacle et une discussion.

L’objectif est de sensibiliser le public à l’importance du corps, au mouvement, et de leur faire apprécier la danse laissée souvent de côté parce « qu’on ne la comprend pas ». Avant de partager le temps de la représentation, leur propre expérience de mouvement lors de l’atelier participera à la compréhension du langage corporel en danse. Sûrement un défi !

. De ces propositions nous voulons faire naître et susciter le partage artistique et humain. Nous sommes autant que le public dans la découverte, à travers l’expérimentation de notre démarche artistique. Même si nous commençons par l’Amérique Latine, nous avons le souhait de pouvoir réitérer ces propositions à d’autres terres. Nous souhaitons donner de la perspective à ce premier projet en permettant de nouvelles réflexions et prise de conscience à la suite de celui-ci. Nous avons le désir de poursuivre cette démarche, et pourquoi pas d’en faire un mode de vie.

 

4. Public visé

Le public change en fonction des lieux où nous proposerons le duo UMAÏ. Notre proposition artistique reste cependant très ouverte à n’importe quels personne et âge.

. Ecoles en milieu rural

. Association humanitaire : Fundacion Jatun Yacu

. WWOOFING : expérimentations aussi prévues lors des temps de WWOOFING, lieux reculés des grandes villes. Donner l’accès à la danse à ceux qui ne l’ont pas de prime abord.

 

5. Grandes étapes de la réalisation

1. Travail préparatoire

– Il s’agit avant tout d’appréhender le continent vers lequel nous nous dirigeons à travers son histoire, sa culture, sa langue. Cela prend forme à travers les textes que nous lisons des auteurs choisis pour le duo, mais aussi à travers des recherches sur la toile concernant les lieux et notre itinéraire. C’est essentiellement nos échanges avec des amis ou connaissances de ces pays que nous nous nourrissons afin d’être au plus près des populations que nous allons rencontrer.

Préparation du duo UMAï. Temps de recherche et de création en studio. A ce jour déjà quatre photographes angevins sont venus faire des shooting : Clarie Chatpow, Jean-Marc Malecot, Guillaume Boivin, Simon Jourdan.

– Prise de contact avec les interlocuteurs des associations et envoi du dossier

– Préparation de l’itinéraire

– Recherche de subventions et partenaires

– Création d’un blog présentant chaque étape d’avancée du travail, des rencontres, des représentation.

2. Travail de terrain

Il s’agira de vivre le projet UMAï sur la route, d’expérimenter nos ateliers, nos représentations et rencontrer nos interlocuteurs.

En même temps nous tiendrons à jour notre carnet de route dans lequel seront présents témoignages de spectateurs enregistrés, photos des lieux où nous avons dansé puis nos descriptions et retours sur chacune des expériences.

3. Perspectives : entre insertion professionnelle à l’étranger et professionnels en France

Nous avons comme projet de faire une deuxième création inspirée du voyage artistique en Amérique latine sur le thème du nomadisme. Un sujet qui nous tient à cœur par la philosophie qu’il dégage. Une façon de vivre qui se fait rare. Ce type d’inspiration est importante pour nous parce qu’il ne s’agit pas de se baser sur l’imagination mais sur des expériences vécues. Nous nous appuierons sur notre mémoire, écrits et enregistrements vidéos. C’est en revenant en France que nous créerons cette pièce et nous l’offrirons aux organismes qui souhaiterons voir à l’œuvre cette création.

Des temps de résidences à Angers sont déjà en pourparlers avec le Centre National de la Danse Contemporaine et avec le Pépinières d’Artistes Daviers et avec La Fabrique à Messeugne pour la fin d’année 2014 et année 2015.

 

6. Planning de réalisation

Janvier / juin  2013 : travail préparatoire, conception du projet, recherche de Bourses et partenaires, étude préalable, la création du duo, recherche de textes.

Mai-Juin : dates en cours pour des interventions dans les campus universitaires et rues d’Angers

8 juin : Participation à la JO’VA / Angers

15 juin : Participation à Fashion Gospel / Angers

Juillet / septembre 2013 : Travaux divers pour financer le voyage

octobre 2013 / Août 2014 : UMAï sur la route

 

7. Financement

Nous avons obtenu une aide de 800 € de la Mission jeunesse d’Angers et 500€ d’Envie d’Agir.

Le reste du budget de Umaï sur la route est autofinancé. Nous ne recevons aucune contrepartie financière pour nos propositions et interventions artistiques que l’on souhaite entièrement gratuites.

 

 

8. Partenaires

– Nous sommes heureux d’avoir l’association étudiante Les Tréteaux de l’Université, représentée par Kévin Rénié, comme soutien au projet en hébergeant notre projet auprès de certaines demandes de subventions. Cette association nous aidera également à notre retour à organiser nos interventions à l’université d’Angers sur les campus de Saint-Serge et de Belle-Beille ; en particulier pour les ateliers que nous proposerons à La Passerelle (campus Belle-Beille) dans les locaux de la Direction de la Culture.

–  Le thé LAGOSTA, une marque angevine pour un thé angevin.

 

9. Budget prévisionnel total

 

Dépenses

Recettes

Bateau

1 200 €

 Subventions publiques

Transports

Vélo

880 €

Fond d’aide au projet jeune

1 000 €

Bus

400 €

Envie d’agir

500 €

Billet d’avion retour

2 400 €

FSDIE

3 000 €

 

Tente / Vieux Campeur
ZEPHYRON 2 Places (Terra Nova)

600 €

 Subventions privées

Pachamama (Bolivie)

400 €

Association La Tente

1 000 €

Hébergements

Arequipa (Pérou)

1 032 €

Ulule

2 000 €

Jatun Yacu (Equateur)

700 €

Total Pension

2 132 €

Dons divers

2 000 €

Ravitaillement

3 000 €

Dépenses d’urgence

4 000 €

Autofinancement

4 112 €

Prestations artistiques Ateliers et
présentation duo

10 000 €

Apports personnels

11 000 €

TOTAL EN EUROS  

24 612 €

24 612 €

 

 

 

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