El Valle de la Concepción

Ca y est on commence à s’organiser pour repartir. De lieu en lieu nous sentons l’échange avec les différentes personnes. Un temps puis nous repartons, ce rythme est agréable il renouvelle l’énergie car on quitte une rencontre pour en créer une autre.

Cette petite contrée de Tarija, El Valle de la concepción, fut très agréable autant pour l’accueil que pour la météo et le paysage.

 

Nous avons travaillé avec deux collèges : celui de Snata Cecilia (un privé, eh oui les soeurs nous ont laissé donner des ateliers!) et l’autre Delfin Pino qui ont chacun une école primaire. Les primaires variaient entre 4 et 12 ans, les collèges entre 13 et 18 ns. En général les élèves étaient timides, la majorité ne savait pas où est la France et n’avaient probablement jamais vu de français de leur vie. Que du nouveau pour eux, n’est-ce pas ? Mais petit à petit les groupes ont dépassé leur timidité et leur honte. Nous avons eu tout de même quelques difficultés avec certains groupes, surtout les adolescents et de surcroit les filles. Les garçons sont plus curieux, volontaires. Les filles ont plus de mal à se lâcher et peut être à casser des codes qu’on leur impose. On leur demande aussi de prendre la parole en fin d’atelier, pour écouter leurs sensations, commentaires. Seuls quelques courageux osent nous dire quelques mots.

Nos ateliers continuent de se transformer et de s’adapter en fonction du groupe. Nous apprenons cette adaptation qui n’est pas toujours évidente puisqu nus expérimentons sur le tas. Pour les aider, nous utilisons des musiques qu’ils ont plus l’habitude d’écouter afin qu’ils se mettent à l’aise. Cependant il y a peu de variétés : chapaca (leur musique folklorique), cumbia et regeton. On passe aussi par des jeux de personnages afin d’appréhender plus facilement nos propositions. Une nous demande : « c’est comme ça que vous dansez chez vous ? ». On lui répond que cela peut-être encore plus étrange (dans notre domaine), il y a beaucoup d’improvisation. Cela les étonne. On essaye de repartir plus sur un fonctionnement avec un modèle qu’il faut suivre. Quelques unes nous disent à la fin d’un cours qu’elles réalisent qu’elles ont de la créativité. Un plaisir de sentir que notre proposition peut créer de nouvelles perspectives pour elles/eux.

 

Nous avons fait les vendanges aussi. On a goûté différents vins aui sont bons ! Mais qui ne s’exportent pas comme le vin chilien ou argentin. Ils boivent aussi la « chicha de uva », du raisin fermenté qui monte vite à la tête. Nous avons aussi participé à l’élaboration du pressage de raisins, sur un tamis (pas de photos, on avait les mains dedans !), fait des transferts de fût également. Le tout bien arrosé !

 

Evénement sans frontières ! Eh oui, avec l’autorisation de notre cher Jesus (le propriétaire du lieu), nous avons organisé une sortie spéciale pour les internes ce samedi 5 avril durant l’après-midi. Les Soeurs ont répondu présent. Un premier groupe à 15h divisé en deux. L’un faisait le tour du domaine (découverte du vignobles, explication de la fabrication du vin), pendant ce temps l’autre peignait avec nos amis peintres argentins. A 16h le 2ème groupe de l’internat est arrivé ; au total une soixantaine d’élèves pour leur présenter notre duo crée spécialement pour elles. Sous une allée de vignes, dans nos bleus, nous avons initié un pas de valse, dans nos mains une grappe de raisins. Puis, sous les gouttes de peintures des argentins, nosu avons continué notre descente vers le public avec une énergie folle entre sauts et rencontre avec les pinceaux, créant un feu d’artifice sur nos bleus.

 

Pour couronner le tout, nous avons fait le tour des ferias de fromage avec Jesus et les argentins dans la jeep merveilleusement peinte par ces derniers. Une surprise nous attendait : le duo Umaï sur la scène commune !! Sur une musique nous avons fait une improvisation. Nous avons mélangé leurs pas de danse traditionnelle avec nos mouvements. Le public était heureux de partager cela avec nous et nous aussi !!!

 

Nous reprenons la route en ce début de semaine vers le désert de sel où les bleus seront encore de la partie !

 

« Dos cuerpos » en atelier from Alice Kinh on Vimeo.

Nova Viçosa, une escale particulière

En ce mois de février nous quittons la région d’Itacaré pour nous rendre dans

ce petit coin au bord de la mer un peu perdu dans le sud de l’état de Bahia.

 

Nous nous y rendons pour rencontrer l’artiste Frans Krajcberg dans sa maison dans

les arbres. Pour ceux qui ne le connaissent pas il travaille à partir des arbres brûlés

de la déforestation et leur redonne vie en les transformant en oeuvre d’art.

Nous avons eu la chance d’être accueillis par lui-même et le privilège d’avoir une

visite guidée de sa forêt Atlantique et de ses lieux de travail.

 

Moment fort pour Alice en venant le voir chez lui après une rencontre à Paris pour un

projet autour de la journée mondiale de la forêt en 2010 et pour Théo l’instant inédit de

rencontrer cet homme si fou de nature.

 

Une parenthèse qui nous fait du bien même si nous n’avons pas eu l’occasion de

danser dans son atelier. Il a bientôt 93 ans et perd un peu la tête. Avoir serrer la main

de cet homme et avoir senti ses oeuvres si vivantes fut un moment précieux et unique.

Merci à Frans Krajcberg.