Uyuni ou le silence du désert de sel

Uyuni… ce mot résonne encore dans nos coeurs et illunine la prunelle de nos yeux. La description de ce que nous avons vécu durant ces 2 jours peut sembler un peu fade à côté de tout ce que nous avons ressenti.

On dit Uyuni, mais sinon les autochtones l’appelle aussi « lipes », « tunupa », « tawa » en langue quechua ou aymara.

Nous sommes allés dans ce désert avec un couple de musiciens argentins : Charo et Gaston. Nous avions l’option Jeep touristique ou petit bus local. Vous imaginez bien ce pour quoi nous optons. Nous voilà entourés de boliviens, les femmes chargées de leur « awayos » (tissus traditionnel de toutes les coulerus, qu’elles utilisent soit pour porter leurs bébés, soit pour des bricoles). Le petit bus local s’arrête en plein milieu du désert, juste au pied d’une île de cactus gigantesques dénommée Incawasi.

Nos pieds se posent sur la blancheur éclatante et éboulissante…. du SEL ! Une étendue infinie, magique, à couper le souffle de beauté et d’irréalité ! Nous avançons et dessous le sel craquèle. Nous installons la tente, allons chercher des restes de cactus séchés pour le feu du soir.

 

Puis, nous allons à sa rencontre plus intimement. Sous la couche blanche, du rouge ou du noir : la terre, extrêmement volcanique. On s’allonge pour écouter cette nouvelle terre qui nous surprend.

 

Vient alors le moment du bleu que nous enfilons.  Les pieds nus, nous sentons le sel presque traverser notre corps. Le soleil commence à décliner. Dans un début de face à face nous initions notre duo bleu sur ce solo blanc. Un trio qui donne la couleur bleu ciel… du ciel…

 

Soudain un cri « ouaaaaaa »…. dans l’immensité du ciel un groupe d’oiseaux passe au dessus de notre tête. Ils sont blancs comme le sel.

 

Nous dansons en silence, une chute en pleine improvisation, ça fait partie des imperfections et de la création. Rien de grave. L’émotion était tellement forte de se retrouver dans ce désert, que le corps devenait soudain absent, s’effaçait. Le duo que nous avons improvisé aurait nécessité une plus longue rencontre avec le sel et le désert pour pouvoir peut-être nous ouvrir plus et laisser parler plus l’instinct ou l’histoire de chacun sur cette immense page blanche du monde.

 

Nous y retournerons…

 

Une chanson s’écrit, nommée comme l’île aux cactus

« Incawasi »

Yo nunca fui al desierto de sal

Yo nunca fui al desierto de sal

 

Pero la luna me llevo, en el desierto

El alma sin peso camina, camina

Debajo de los pies la blancura, no de la nieve pero de la sal

El ritmo, la música de los pasos van quebrando la inmensidad

El mundo se vuelve silencio frente a tan belleza.

Lo que viví en el desierto de sal

Lo que viví en el desierto de sal

No fue sueño ni locura

Es una parte de la tierra donde todo se para.

El corazón va latiendo un nuevo ritmo.

AK

 

 

Incawasi from Alice Kinh on Vimeo.

El Valle de la Concepción

Ca y est on commence à s’organiser pour repartir. De lieu en lieu nous sentons l’échange avec les différentes personnes. Un temps puis nous repartons, ce rythme est agréable il renouvelle l’énergie car on quitte une rencontre pour en créer une autre.

Cette petite contrée de Tarija, El Valle de la concepción, fut très agréable autant pour l’accueil que pour la météo et le paysage.

 

Nous avons travaillé avec deux collèges : celui de Snata Cecilia (un privé, eh oui les soeurs nous ont laissé donner des ateliers!) et l’autre Delfin Pino qui ont chacun une école primaire. Les primaires variaient entre 4 et 12 ans, les collèges entre 13 et 18 ns. En général les élèves étaient timides, la majorité ne savait pas où est la France et n’avaient probablement jamais vu de français de leur vie. Que du nouveau pour eux, n’est-ce pas ? Mais petit à petit les groupes ont dépassé leur timidité et leur honte. Nous avons eu tout de même quelques difficultés avec certains groupes, surtout les adolescents et de surcroit les filles. Les garçons sont plus curieux, volontaires. Les filles ont plus de mal à se lâcher et peut être à casser des codes qu’on leur impose. On leur demande aussi de prendre la parole en fin d’atelier, pour écouter leurs sensations, commentaires. Seuls quelques courageux osent nous dire quelques mots.

Nos ateliers continuent de se transformer et de s’adapter en fonction du groupe. Nous apprenons cette adaptation qui n’est pas toujours évidente puisqu nus expérimentons sur le tas. Pour les aider, nous utilisons des musiques qu’ils ont plus l’habitude d’écouter afin qu’ils se mettent à l’aise. Cependant il y a peu de variétés : chapaca (leur musique folklorique), cumbia et regeton. On passe aussi par des jeux de personnages afin d’appréhender plus facilement nos propositions. Une nous demande : « c’est comme ça que vous dansez chez vous ? ». On lui répond que cela peut-être encore plus étrange (dans notre domaine), il y a beaucoup d’improvisation. Cela les étonne. On essaye de repartir plus sur un fonctionnement avec un modèle qu’il faut suivre. Quelques unes nous disent à la fin d’un cours qu’elles réalisent qu’elles ont de la créativité. Un plaisir de sentir que notre proposition peut créer de nouvelles perspectives pour elles/eux.

 

Nous avons fait les vendanges aussi. On a goûté différents vins aui sont bons ! Mais qui ne s’exportent pas comme le vin chilien ou argentin. Ils boivent aussi la « chicha de uva », du raisin fermenté qui monte vite à la tête. Nous avons aussi participé à l’élaboration du pressage de raisins, sur un tamis (pas de photos, on avait les mains dedans !), fait des transferts de fût également. Le tout bien arrosé !

 

Evénement sans frontières ! Eh oui, avec l’autorisation de notre cher Jesus (le propriétaire du lieu), nous avons organisé une sortie spéciale pour les internes ce samedi 5 avril durant l’après-midi. Les Soeurs ont répondu présent. Un premier groupe à 15h divisé en deux. L’un faisait le tour du domaine (découverte du vignobles, explication de la fabrication du vin), pendant ce temps l’autre peignait avec nos amis peintres argentins. A 16h le 2ème groupe de l’internat est arrivé ; au total une soixantaine d’élèves pour leur présenter notre duo crée spécialement pour elles. Sous une allée de vignes, dans nos bleus, nous avons initié un pas de valse, dans nos mains une grappe de raisins. Puis, sous les gouttes de peintures des argentins, nosu avons continué notre descente vers le public avec une énergie folle entre sauts et rencontre avec les pinceaux, créant un feu d’artifice sur nos bleus.

 

Pour couronner le tout, nous avons fait le tour des ferias de fromage avec Jesus et les argentins dans la jeep merveilleusement peinte par ces derniers. Une surprise nous attendait : le duo Umaï sur la scène commune !! Sur une musique nous avons fait une improvisation. Nous avons mélangé leurs pas de danse traditionnelle avec nos mouvements. Le public était heureux de partager cela avec nous et nous aussi !!!

 

Nous reprenons la route en ce début de semaine vers le désert de sel où les bleus seront encore de la partie !

 

« Dos cuerpos » en atelier from Alice Kinh on Vimeo.

Nova Viçosa, une escale particulière

En ce mois de février nous quittons la région d’Itacaré pour nous rendre dans

ce petit coin au bord de la mer un peu perdu dans le sud de l’état de Bahia.

 

Nous nous y rendons pour rencontrer l’artiste Frans Krajcberg dans sa maison dans

les arbres. Pour ceux qui ne le connaissent pas il travaille à partir des arbres brûlés

de la déforestation et leur redonne vie en les transformant en oeuvre d’art.

Nous avons eu la chance d’être accueillis par lui-même et le privilège d’avoir une

visite guidée de sa forêt Atlantique et de ses lieux de travail.

 

Moment fort pour Alice en venant le voir chez lui après une rencontre à Paris pour un

projet autour de la journée mondiale de la forêt en 2010 et pour Théo l’instant inédit de

rencontrer cet homme si fou de nature.

 

Une parenthèse qui nous fait du bien même si nous n’avons pas eu l’occasion de

danser dans son atelier. Il a bientôt 93 ans et perd un peu la tête. Avoir serrer la main

de cet homme et avoir senti ses oeuvres si vivantes fut un moment précieux et unique.

Merci à Frans Krajcberg.

Il était une fois Pensamento Tropical

Asseyez vous confortablement, allumez vos enceintes et ouvrez GRAND vos oreilles ! Le voyage commence et laissez vous imaginer ce qui est conté. (soyez patients pour que le son charge entièrement)

 

 

 

 

 

Jacaré

 

Je suis impressionnée de la rapidité avec laquelle les choses se mettent en place, se conjuguent et se complètent.

Samedi, nous sommes allés à un concert en plein air offert par la municipalité de Joao Pessoa. Nous avons pris le train des travailleurs de Jacaré à Joao Pessoa. Nous sommes passés par différents petits villages, devant des décharges aussi. Apparemment ils font un tri dans certaines villes assez fou: verre, organique, papier, plastique et autre déchets. C’était un bon moment ce voyage en train. J’ai pu discuter avec des jeunes qui étaient là, qui rigolaient d’entendre parler français. C’est vrai que nous voyageons mais nous permettrons à ceux que l’on rencontre qui ne voyagent pas de leur faire découvrir autre chose.

Le concert était excellent sur cette place où tous types de gens se mélangent autant les jeunes que les vieux, certains en famille d’autres entre amis. Théo pouvait être assez timide par moments, comme impressionné d’être sur le sol Latino Américain. J’ai la sensation que je lui fais découvrir un peu mon pays.

Le soir nous allons voir le couché de soleil avec un saxophoniste sur une pirogue qui joue le Boléro de Ravel. C’était bon de se sentir entourés de tous ce brésiliens, qui venaient découvrir ce coin. Dans ce coin il y a des artistes, des vendeurs à la sauvette, tout comme chez nous l’été. Puis nous allons dans la rue du village des pêcheurs (vilha dos pescadores). Tous les gens étaient dehors, sur le pas de la porte de leur maison. Le coffre des voitures ouvert avec de la musique à fond. Il y avait aussi un anniversaire. On rencontre Ester, un homme en femme qui nous trouve tellement beaux, puis Jessie avec son bébé d’1 mois Otavio Guilhermo. Elle a 17 ans, elle en fait 22 voire plus. Puis nous sommes allés nous installer chez une dame qui fait des chiens chauds sur le pas de sa porte. Il y avait aussi un travesti chez elle. Nous discutons avec eux de la vie dans la rue où il fait bon vivre. On prend aussi conscience que lorsque nous sommes arrivés nous nous sommes votés emballés pour nous intégrer dans la communauté. Mais peut être que pour certaines choses il faut prendre un peu plus de temps. Ce n’est pas parce que les gens disent bonjour que ça y est nous sommes suffisamment proches pour partager plus. La limite n’est pas toujours facile à sentir. Nous sommes français et en France les gens ne se comportent pas de la même façon. Dès que l’on sent que les gens nous répondent au bonjour nous nous sentons d’un coup proches d’eux. Et puis on les voit dehors en train de converser. Une vie qui n’est plus individuelle ou intime mais qui est là pour être partager, pour se serrez les coudes.

À la marina, Julio qui s’occupe du petit bar nous accueille toujours avec autant de gentillesse, d’attention et de partage. On rencontre aussi Karin et Didier un adorable couple qui nous prête leur guitare pour que nous travaillons nos chants. On passe plusieurs soirées à discuter avec eux.

Nous avons eu des petits soucis avec la tente : affaires trempées avec les premières grosses pluies, un cafard rentré dans mon sac. On a voulu la déplacer, la mettre plus sous l’arbre, on a ratissé la terre et préparer le sol pour y installer la tente.

Nous avons enfin traversé la rivière et sommes allés à Ribeira, un bout de terre au milieu du fleuve. Nous nous sommes baladés sur un petit sentier de terre battue. Autour la nature foisonnante, des champs de canne à sucre. Nous nous sommes arrêtés aussi pour danser avec un tronc d’arbre calciné, petit hommage à Franz Krajcberg. Lorsque nous traversions dans la petite barque, nous avons rencontré une famille qui habite près de Cabedelo. Ils venaient passer l’après-midi à Ribeira. Il y avait : Luis, Maria Lourdes, Maria Helena, Alan, Neta, Deda. Ils étaient heureux que des touristes s’arrêtent pour discuter avec eux ! Ils disent qu’ils ont l’impression d’être des insectes bizarres aux yeux des touristes. Ils avaient tous un peu bu et ils arrêtaient pas de répéter que nous étions trop cool.

La chaleur fatigue pas mal tout de même. Le soleil se lève à 5h30 et se couche à 18h. Parler en portugais demande aussi beaucoup de concentration et de volonté ! Théo progresse bien et commence à prendre la parole plus facilement. Qu’elle joie !

Alors que nous étions à la cantine (cantinha) de la vilha dos pescadores nous avons demandé des renseignements pour aller prospecter pour nos ateliers.
Un monsieur, Alcides, a répondu à notre demande. Il détient un lieu de fêtes « Luck Festas » à Oceania le quartier voisin. 3jours par semaine il y a cours de capoeira avec le prof Muralha (Muraille). Nous avons fait nos premiers pas avec eux, il y a un peu tous les âges et tous les niveaux. Nous avons appris la « jinga » le pas de base, « meia lua », « negativo », « paso de Angola », « caja de rim », « roda ». Il nous a chanté différentes chansons :  » É um A, é um B, é um A, é um B, é um C. A de Angola, B de Birimbao, C de Capoeira. »
Théo avait déjà fait un stage, il capte vite et saisit rapidement les mouvements. Moi j’ai un peu plus de mal, j’ai peur de faire mal. Tous les jeunes savent jouer et faire l’accompagnement musical. À chaque fin de cours ils se mettent en ronde et remercient en disant quelques mots du cours. Nous avons été incroyablement accueillis. Alcides nous a introduit auprès de la communauté et du groupe de capoeira.
Muralha nous a laissé faire notre premier atelier à la place de son cours. C’était pour eux la première fois qu’ils pouvaient de décontracter pendant un cours. Ils ont beaucoup rigolé, c’était complètement nouveau pour eux. Certains se sont pris au jeu d’autres moins. Ils voulaient tous un autre cours, mais le lendemain seuls 6 sont venus sur la vingtaine de la veille. On se rend compte que ce n’est pas facile de savoir réellement ce qu’ils pensent car ils disent toujours que c’est super, magnifique, extra… Avec le petit nombre nous faisons un nouvel atelier. Il y avait Ruertesson, Alessander, Vitor, Lucas, Gabi e Guia. Un bon petit groupe. Nous dansons sur du goudron, béton, en extérieur, entre les flaques d’eau lorsqu’il a plu. Pour l’atelier suivant Alcides nous dit qu’il faut aller voir Nalcedine, une sorte de crieur public. Attention ça déménage ! Musique techno en introduction puis notre annonce. Il va circuler avec sa voiture dans le quartier et diffuser la bande son. Il y a eu la roda aussi où nous avons convié les marins de la marina pour qu’ils assistent à la représentation. Julio veut rencontrer le prof de capoeira pour éventuellement les faire venir à la marina les vendredis soir. Je suis contente de faire le lien entre les endroits et les gens.

Nous avons essayé de convier les gens de la rue des pêcheurs. On rencontre Don Socorro qui s’occupe de la communauté. On s’assoit sur le trottoir pour discuter. On lui présente rapidement le projet et notre souhait de partager avec les gens de la vilha. On aime cette non formalité, cette facilité à rencontrer les gens et échanger un peu avec eux.

Tout à l’air si simple. C’est un peu difficile de réaliser ce qui nous arrive. Nous avons eu tant de facilités à lancer notre projet, tant de mains tendues ! Quelle force, quel soutien! Des gens qui croient en nous sans nous connaître et qui nous font confiance. Chaque soir après les cours des élèves nous ramènent à pied. Ils sont étonnés que l’on marche à chaque fois car le lieu est éloigné de là où nous logeons. Cela nous fait du bien de marcher.

Ce que nous proposons est pris un peu comme du divertissement ou comme un jeu. Ils répondent au téléphone, lorsque les mamans viennent chercher leurs filles elles viennent leur donner des bonbons alors que nous sommes en étirement. Nous apprenons qu’il y a des choses qui ne sont pas évidentes et qu’il faut préciser l’attention à avoir dans nos ateliers. Mais pour certains ateliers c’est complètement rocambolesque, digne de la vie brésilienne ! En même temps que nous donnions un atelier sous le préau juste à côté il y avait un match de foot et 1h après le début de l’atelier (qui dure 2h) les jeunes du volley sont arrivés pour prendre l’espace… Bien sûr on nous avait rien dit de tout cela ! Et pour combler les surprises il n’y avait pas de son, alors on a amené un 4×4 le plus près possible (il ne pouvait pas rentrer dans les lieux) et Théo faisait des allers-retours pour mettre la musique ! Autant dire qu’il fallait réussir à capter l’attention ! Il y avait des âges vraiment différents et on n’a réussi à être à l’écoute de cela. Le début était bien : présentation de soi par le corps, puis l’énergie qui circule entre nous, puis dans notre corps. La dimension ludique est importante. Les exercices trop lents, trop subtils ne captent pas leur attention et ils décrochent. Les « élèves » vont alors te dire qu’ils ont un « compromiso » (compromis). Toute la partie en ronde à bien fonctionné. Peut être aussi faut-il passer un peu plus par un modèle pour ensuite s’en éloigner. Comme dans le groupe nous avons eu un homosexuel. Ils sont très bien acceptés ici. Ils dynamisent le groupe et permettent peut-être à certains de se désinhiber. On rigole beaucoup ensemble dans les ateliers, on applaudit aussi lorsqu’un exercice a bien fonctionné. C’était flagrant la séparation des genres : d’un côté femmes et enfants et de l’autres côté les gars. Au milieu entre le terrain de foot et la danse, des jeunes entre eux. Qui d’ailleurs ont regardé au début et ont applaudi une ou 2 fois. Le cours s’est terminé tout seul, les gens donnaient des excuses pour rentrer chez eux. Une fois fini les jeunes sont venus pour installer leur filet de volley. Rapidement nous avons rangé nos affaires et sommes rentrés.

Pour notre projet Alcides a aussi contacter le directeur du théâtre Santa Catarina à Cabedelo (la ville la plus proche de là où nous sommes). Le théâtre est tout petit mais très agréable. Nous ne souhaitons pas faire de lieux institutionnels mais on a cette opportunité qui se présente à nous. 16 personnes venues. Nous avons été incroyablement bien accueillis par Eulavio (directeur du théâtre Santa Catarina). Un homme très attentionné et à l’écoute. Il nous dit que c’est un plus pour lui ce que nous proposons à son théâtre à son peuple. Cela fait à peine 3mois qu’il a pris la direction du théâtre et ce n’est pas encore très évident car il y a des mouvements politiques et pas beaucoup d’argent pour la culture. Cet atelier était particulier car les personnes venaient du théâtre ou de la danse. Eulavio nous a fait des retours : chacun a trouvé une façon de s’améliorer et de dépasser ses limites. Les âges étaient très différents : de 11 ans à 45 ans. On senti le dépassement de soi, l’acceptation à faire des choses nouvelles, à jouer, à rire et à imaginer. Lorsque nous ne savions pas dire en portugais, il y en avait toujours un pour nous aider à préciser ce que l’on demandait. Les mamans viennent avec leurs enfants, c’est compliqué de les faire garder. Une mère à allaité plusieurs fois son enfant pendant le cours. Il faut s’habituer aussi qu’ils arrivent tous avec 30minutes de retard.

À la suite de l’atelier nous sommes allés au « show » sur la plage de Joao Pessoa avec Eirenede. C’est des groupes de musiques brésiliens. C’était complet de monde de tous âges, de toutes classes sociales. On a dansé la samba et bu une caïpi les pieds dans le sable.

Tout le monde veut que nous restions vivre ici !

 

LA TRAVERSEE EST LE FUTUR BLEU DE TRAVAIL

Avant de partir nous nous posions la question du bleu de travail à l’étranger. Existe-t-il comme chez nous en France ? A-t-il la même référence ?

Aujourd’hui en nous baladant dans les rues de Mindelo, nous avons été surpris. Dans un groupes de pêcheurs, près de la plage, un monsieur assis sous un arbre portait le bleu de travail, en attendant sur une pierre.
Puis un peu plus loin, un groupe d’hommes confectionnaient des toiles (sûrement pour les fêtes à venir). Derrière sa machine à coudre un des hommes arborait son bleu de travail. J’aurais aimé avoir les bleus sur nous, pouvoir échanger, pourquoi pas se prendre en photo avec eux et puis leur offrir une danse. Voir un autre bleu de travail, ou alors voir la forme avec laquelle nous l’utilisons.
On recherche une porosité : connaître le pays et comment toutes ces nouvelles informations et connaissance peuvent modifier notre danse.
Nous sommes partis dimanche pour le Brésil. Nous réfléchissons à la façon dont nous allons nous remettre à danser après cette épopée maritime. Peut être d’abord s’imprégner de l’atmosphère en sortant danser le soir, se familiariser avec la population et leur regard. Puis après aller dans la rue et danser.