Une étape riche : Cusco, le « nombril » en Quechua

Aujourd’hui le 9 juin 2014 à 10h50 c’est l’heure d’écrire la nouvelle page. Nous sommes arrivés le 29 mai à Cusco, mais pas vraiment en règles. Nous avions décidé d’aller au Pérou par le nord du Lac Titicaca pour éviter Puno et les grandes routes touristiques. Nous n’avons pris que des petits vans jusqu’à Puerto Acosta. Nous sommes sortis en règles de Bolivie avec le bon tampon. On nous indique Tilali pour l’entrée au Pérou, un petit village à 3h de la frontière. Mais bien sûr il n’y avait pas de bus ni de particulier ce jour-là, sauf, un camion vide qui allait jusqu’à Lima. Tout content il nous déposera à Cusco. Mais une demie-heure plus tard le chauffeur crit « tout le monde descend! » Il manquait encore 2heures à pieds pour aller jusqu’à Tilali et personne pour nous emmener. Ils aiment le surprises pimentées en Bolivie ! C’est à pieds que nous passons la frontière. A Tilali même la « Gobernación » était fermée. Un homme boiteux nous emmènne chez le maire pour nous faire tamponner le passeport. Après avoir signé chacun nos passeports il déclare notre légalité complète…

 

Partance pour Cusco pour toute la journée. D’abord Juliaca, une ville de commerce moche et horrible puis Cusco. Nous découvrons la ville avec sa place, ses rues piétonnes, sa dynamique pleine de mouvements. Mais, une interrogation se pose dans nos petites têtes : « Est-ce que nous sommes vraiment en règles ? ». Car ni nos données ont été rentrées dans un ordinateur, pas de petit facicule blanc que l’on recoit à l’entrée. Direction Migration. Nous montrons nos passeports et l’homme en face de nous nous déclare clandestins ! Nous ne sommes pas rentrés par la bonne porte…. Surtout ne pas aller à la Police et aller à Puno pour refaire l’entrée. Un peu paniqués nous lui demandons de l’aide mais pas moyen, aucune envie de mettre ses mains dans cette pâte douteuse.

Heureusement le Consul de France nous dégote un numéro de la migration de Puno. Il nous précise d’avoir seulement nos photocopies dans nos poches et notre passeport au fond du sac 🙂 On pensait même donner de l’argent au cas où à la migration. Avec tout ce stress nous nous sommes imaginés toutes sortes de situations mais la rencontre avec la haut placée fut courte et sans pot de vin. Incroyable nous pouvons retourner à Cusco pour commencer le projet. Le consul même nous donne un numéro d’un artiste qu’il connait suite à l’explication de notre projet. Hugo Salazar fut le début de rencontres et de contacts.

 

Nous rencontrons Claudia de l’association Sipas-Wayna (qui veut dire en quechua filles-garcons) où nous avons donné gratuitement des ateliers les mardis et jeudis matin de 9h30 à 11h. A la base ces ateliers étaient destinés aux enfants des collèges alentours mais peu d’enfants sont venus. Nous avons ouvert l’atelier à qui veut et des jeunes filles d’université sont restées plus ou moins fidèles. Nous nous adaptons au nombre de présent différent à chaque fois, chaque atelier peut se suivre indépendamment des autres et très différent, mais toujours en toile de fond : l’humain et plus seulement le corps. Nous avons vraiment travaillé sur la personnalité, la confiance en l’autre, l’improvisation, qui n’était pas tout le temps facile car dans la liberté le vide est apparu. Mais en parlant, chacun trouvait intéressant et riche de se dépasser. En e découvrant petit à petit elles ont pu faire des choses qu’elles ne considéraient pas comme possible. Un très bel échange même si parfois il était compliqué de se lâcher et d’arrêter de se juger nous confient-elles. Compliqué aussi d’entendre leur positionnement quand on leur pose de questions. Il y a souvent le « si, si » qui revient mais les actes ne correspondent pas au « si,si ». Il y a eu un moment où nous avons parlé de nos différences culturelles : la ponctualité, le oui oui et d’autres petits détails. Première fois aussi que les ateliers que nous donnons ont autant d’impact et relation avec leur vie. L’endroit, un studio où le soleil entrait toute la matinée, a aidé aussi à se sentir à l’aise et à jouer avec soi-même. Comme d’habitude le principe des ateliers est de travailler avec les personnes et non pas à partir d’un modèle. A chacun de trouver sa force créatrice.

 

 

L’asso Sipas-Wayna nous a mis en contact avec une autre association Mantay, qui s’occupe d’héberger et de scolariser des jeunes mères mineures. En parallèle, avant de rencontrer ces jeunes mères nous sommes allés au Qorikancha, lieu culturel, exposition, spectacles, visites de ruines inca… pour proposer un spectacle. La condition pour rentrer par ces portes fut de présenter un travail avec ces jeunes mères en moins de 2 semaines. Nous avons foncé tête baissée, mais l’image que nous avions de ces jeunes mamans n’était pas celle de la réalité : impressionnés par la facon brusque de s’occuper de leur bébé durant notre première rencontre. La concentration très difficile et notre demande d’engagement pour présenter un spectacle que nous allions créer ensemble sur le thème du nomadisme et de la naissance fut compliqué à entendre. Chaque atelier les filles se rendaient compte de certaines choses : il n’y allait avoir qu’elles et nous dans le spectacle, des gens viendraient pour nous voir. C’était un autre monde pour elles. Tant habituées à donner de leur temps à leur enfant et pour ceux des autres. Certaines ne voulaient pas de leurs bébés, le plus souvent les cas de ces jeunes filles sont des viols, des abus sexuels. Accepter cela plus un bébé n’est-ce pas un peu difficile ?

La plus jeune avait 14 ans et la plus âgée 18. Nous avons répété sur leur lieux de vie, à San Jeronimo, une ville à 30-45 minutes de Cusco. Quand nous sommes allés répétés à l’auditorium du Qorikancha, certaines ont ressenti l’ampleur de l’échange. Elles avaient encore du mal à réaliser ce qu’allait être ce spectacle. Le soir même de la représentation, le retard de certaines filles à stresser le groupe. Beaucoup d’oublis de leur part, mais l’énergie était bonne. Elles étaient contentes d’être là, juste d’être là et de partager ce moment avec nous et le public.

Les directrices de l’asso étaient très émues et impressionnées par le peu de temps que nous avions eu pour la présentation.

 

Pendant les 3 jours suivants nous n’avions plus d’énergie : lit, film…

L’appartement que nous avons loué nous a permis de nous sentir chez nous, de se sentir un peu enracinés et de créer un petit cercle d’amis.

Ce fut le premier concert officiel au Cocoliso, tenu par Elise et Tomás, un couple franco-péruvien, avec qui des liens d’amitiés se sont créés. Même avec le peu de monde les chansons que nous avons composées ont été partagées avec amour et plein d’émotions.

Nous avons eu aussi 2 représentations à l‘Ukukus, bar restaurant-concert. Un dimanche soir pour chanter avec peu de monde et de répondant. Très fatiguant mais le deuxième le jour d’anniversaire d’Alice, le 6 juin, l’énergie était au rendez-vous.

Puis une dernière représentation dans un petit lieu de maté, La Esencia, tenu par Pancho et Silvia. Nous avons joué à l’heure péruvienne, soit 1h30 après l’heure prévue. C’est tout à fait normal, il n’y a pas beaucoup de rendez-vous, il faut se déplacer et voir les gens.

 

C’est maintenant de nouveau la route, direction la côte, la mer, la chaleur et les villages peuplés d’africains.

 

Le duo en chansons depuis Cusco !

IMG_2197[1]    Le duo Umaï s’offre une premiere expérience en chansons écrites lors du voyage. Le petit café Cocoliso de la ville de Cusco nous permet cela. Un grand merci á Tomas et Elise.