Entre Nord et Sud : l’Equateur

Nous revoilà après bientôt presque 3 mois sans articles ! En effet l’Equateur nous a bien pris aux trippes et mentalement c’est la dernière étape du voyage socio-chorégraphique. Mais avant que vous n’ayez toutes attentes cette dernière étape fut plus socio que chorégraphique.

Alors vous nous avez laissé à Cusco… On a voulu aller un peu vers le chaud, direction la côte. Oups, ce n’était pas le meilleur des plans. Sincèrement pas très attrayant, on décide de remonter jusqu’à l’Equateur. On passe la frontière sans encombres et on prend la direction de Montañita, où des amis rencontrés à Cusco sont. Nous restons avec eux 15 jours. Cela nous fait du bien de nous retrouver entre jeunes de notre âge. On ne changera le mythe de ce coin de côte, mais nous étions bien avec ce groupe à partager des temps de discussions et rigolades. Le seul équatorien que l’on rencontre reste 2 jours et malheureusement à chaque fois trop alcoolisé. Nous faisons à nouvea des petits arrêts de quelques jours : Canoa, Mompiche, Esmeraldas. Certains nous dirons « les grands classiques ». Lors de cette montée vers le Nord, nous entendons parler de Mindo. A quelques heures de Quito.

Ancrée dans une vallée, mais tout de même à 1000 mètres et quelques d’altitude, nous débarquons à Mindo le 8 juillet. Encore une étape où nous ne savons pas ce qui nous attend. A la recherche en vain d’un camping, nous tombons sur Gloria. Nous vous passons les détails de cette nuit rocambolesque, blottis l’un contre l’autre dans notre tente installée sur la terrasse de Gloria. Heureux de voir le jour à nouveau qui donne fruit à de nombreuses rencontres, puis des amis. Après 10 mois de voyage et d’ateliers, Théo éprouvait le besoin de vivre d’autres types de rencontres via le troc. Nous voilà partis avec Javier, un colombien, pour le « compartir » (signifie partager en espagnol). Ce lieu est l’utopie mise en acte et à l’épreuve d’un terrain partagé pour semer et créer une autosuffisance aux familles qui le désirent. Magnifique lieu au bord d’un bras du fleuve Mindo. Lieu de rencontres aussi avec Hernando, un retraité colombien,  ancien acteur de télé novelas, Tano et Naïma, Nuria et Jeremias de l’Aquelarre et bien d’autres.

Aquelarre, lieu que nous élisons pour notre séjour à Mindo. Encore une fois nous arrivons à créer un échange et un partage sur 3 semaines. Mais cette fois c’est un troc. Ils nous héberge et nous travaillons avec eux à l’amélioration de leur lieu. Ils veulent en faire un hébergement alternatif et culturel. Nous avons même organisé l’innauguration du lieu avec une chasse au trésor et différentes présentations : clown, impro de danse…. La vie à Mindo est agréable, une sorte de petite petite ville qui se remplie le week-end de nombreux touristes. Néanmoins la vie au village durant la semaine est moins agitée. Alors nous décidons de rester encore 2 semaines pour aider Camilo avec la création d’un ciné itinérant dans le village. Un défi…et une réussite ! Les 2 premières projections auxquelles nous avons participées ont été un succès. Nous avons réussi à remettre la machine en route, avec notamment un tricycles appelé « la kinela ». Elle se balade dans le village avec : troc de graines, de livres et d’habits. Elle sert aussi à communiquer autour du ciné itinérant et récolter des fonds pour l’achat d’un vidéo projecteur. Nous avons vraiment senti que nous créeions du lien avec toutes ces personnes venues d’ailleurs pour s’installer à Mindo. Il y a Gabi, de Toulouse, qui tient le Studio Arte La Chispita, avec qui nous avons tissé de beaux liens d’entraide et d’amitié. Puis aussi Mathias et Jaqui, français et chilienne. qui travaillent autour du cacao et de l’artisanat. Le seul bémol de la plupart de ces rencontres c’est que les équatoriens y étaient absents. On s’est bien sentis à Mindo, mais il était temps pour nous d’aller plus à la rencontre du pays.

Nous voulons aller plus vers « l’Oriente », l’Est, L’Amazonie. En cherchant Ramiro, notre contact depuis la France, impossible de le trouver, nous rencontrons Fausto. Il nous emmène dans la communauté de son beau-frère. Nous débarquons comme des fleurs à Serena, à la naissance de l’Amazonie. La communauté kichwa s’étend sur plusieurs zones de la forêt. Nous nous arrêtons avec le bus à l’entrée d’un énorme pont qui surplombe le rio Jatun Yacun (grand fleuve). Nous marchons 20 minutes et arrivons chez Yolanda, Oswaldo et leurs enfants. Nous les aidons dans leurs différentes cultures : cacao (leur principale source de revenu), cacahuètes, piments et yuca (tubercule) et prochainement maïs. Pour tenir le coup des heures de travail ils nous apprennent à boire de la chicha de yuca (yuca fermentée). En effet ça cale ! L’après midi c’est repos, lavage de linge avec les filles au rio Iluculin, juste à quelques mètres de la maison. Les taches sont bien réparties. Le travail du champ à la « chagra », n’a pas trop de différence entre les genres. Ils utilisent tous la machete et essuient le même travail physique. C’est plus à la maison que l’on voit les différences. Il semblerait que ça soit un fonctionnement matriacale. Encore une fois comme dans la plupart de ces lieux reculés ils sont évangélistes. Les enfants vont à Tena (ville d’à côté) pour faire leurs études. Sinon dans la communauté il y a une école primaire où va le petit dernier. On apprend quelques mots de kichwa en 10 jours :

« pagracho » merci

« alipunja » bonjour

« alichichi » bon’aprem

« alituta » bonne nuit

« yacu » eau

« huarmi » femme

« jura » arbre

« sacha » forêt

Ils gardent certaines traditions comme celle de la plantation de yuca. Seule la femme plante la yuca. Lorsqu’elle quitte le champ il faut qu’elle se lave les mains avec des feuilles l’arbres de yuca. Pour servir la chicha seule la femme sert et décide de l’ordre.

 

Pas d’ateliers de danse en Equateur… Mais la fin du voyage arrivant il y a comme un sursaut en pensant au retour. Peut-être y a-t-il eu le besoin de traverser des styles différents car ce pays semble offrir ça. Il est question aussi pour nous d’aller découvrir pour aussi réfléchir à notre propre style de vie, en France ou ailleurs. Cette dernière étape, pour tous les 2 très riche pour nos réfléxions intérieures et individuelles.

Le retour en France là déjà. Mais ce n’est pas vraiment un retour c’est un autre voyage. Nous avons plusieurs pistes et des dates dans le calendrier. Il va y avoir un temps d’abord de montage son, vidéos, photos (même si une grosse partie nous a été volée), dernières réflexions sur le voyage. Puis nous reprenons des interventions comme celle de ce voyage. Nous sommes en contact surtout avec des établissements scolaires de nos villes respectives La Rochelle et Chalon Sur Saône.

Nous avons déjà 2 mois de résidences prévues en avril et en mai 2015. Dans le Juras, dans la ferme des Serrans et dans la Drôme aux Amanins à La Roche Sur Grane. A cette même période nous offrirons notre duo à une de nos donatrice pour son énorme soutien.

Entre temps nous allons : trouver des petits boulots pour renflouer les caisse, continuer de prospecter pour interventions et résidences, enregistrer nos chansons créés pendant et avant le voyage !

 

Alors on vous dit à nouveau un grand merci et si vous avez des pistes, des idées ou conseils pour nous, c’est avec grand plaisir ! Vous pouvez toujours nous suivre via notre site qui va continuer de diffuser nos actualités ! Et cette fois ci plus rapidement qu’en voyage !

On vous embrasse fort !

Le Duo Umaï